Une communauté dévouée à Saint-Roch-de-l’Achigan 

Gilles et Gisèle dans la cuisine collective. Photo Médialo - Sabrina Quesnel-Bolduc.
Gilles et Gisèle dans la cuisine collective. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc.

En ouvrant la porte du comptoir Mini-Budget à 9h jeudi matin, les premiers effluves de la cuisine d’Émilie flottent déjà dans l’air. À l’entrée, la coordonnatrice Laurence accueille avec le sourire les bénévoles qui s’apprêtent à enfiler leur filet et leurs tabliers pour mettre les mains à la pâte. La Revue a aidé à la préparation des plats ce matin-là. 

La cuisinière, Émilie, accueille tout le monde avec enthousiasme, prête, comme tous les matins, à conduire son équipe dans la préparation des recettes qu’elle à imaginer plus tôt. Seule aux commandes, elle ne pourrait pas fournir ces quelques 200 petits plats par semaines, à faible coût aux citoyens dans le besoin, sans l’aide précieuse des bénévoles qui constituent son équipe quotidienne du mardi au jeudi : « Je ne pourrais pas fonctionner sans les bénévoles. Certains sont autonomes et d’autres ont besoin d’accompagnement, c’est pour ça que je suis là. Parfois je leur montre des stratégies et parfois c’est eux qui m’en apprennent », exprime Émilie. 

 

Mini-budget
Émilie la cuisinière. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc.

Aucun gaspillage 

Au centre de la table se trouve un bac débordant de bananes noircies, habituellement vouées à la poubelle. Comme chaque semaine, Émilie élabore un menu en fonction des produits disponibles et complète à l’épicerie avec les ingrédients secs. « Parfois j’y vais avec les demandes spéciales. Une des bénéficiaires adore le porc effiloché, j’en fais dès que je peux ». Une de cette plus grande force selon les participantes est qu’elle ne manque jamais d’imagination et qu’elle sait toujours les surprendre avec ses recettes.  

Au menu aujourd’hui, des muffins aux bonbons, du pudding au pain et du macaroni au fromage à la citrouille. Déjà à la tâche, on entend les éclats de rire complices des bénévoles qui préparent l’appareil à gâteau, pendant qu’Émilie se déplace rapidement dans la cuisine, pour s’assurer que tout le monde est à l’aise. Les petits plats cuisinés seront vendus aux bénéficiaires à faible cout, soit entre 2$ et 4$ la portion.  

Des recettes variées 

Tous les plats se font en simultanés, en portant bien attention aux allergènes et à la contamination croisée. Émilie nous donne la tâche de faire le roux pour sa sauce du macaroni. Un a un, elle met les ingrédients pendant que nous brassons avec un fouette immense. Les ingrédients qu’elle utilise ont pour la majorité était congelé, pour éviter leur gaspillage et conserver leur fraicheur puisqu’il s’approchait de leur date de péremption. Estelle lance tout bonnement qu’« avec Émilie, nous apprenons toujours de nouvelles recettes et des façons de cuisiner différentes. Avec les avocats trop murs, nous avons fait des brownies la semaine dernière, je n’aurais jamais pensé à ça ».  

Un travail d’équipe 

De l’autre côté, des confidences se font entre participants, tandis qu’ils s’adonnent à emballer le pudding au pain. Émilie ajoute que « tous les ingrédients sont inscrits sur des étiquettes pour les allergies », puis elle éclate de rire et fait remarquer que tous les puddings au pain ont été emballés avant d’être cuits. Ils recommencent avec le sourire. Pendant ce temps, Émilie sort les pâtes du chaudron pour les égoutter. Avant d’y ajouter la sauce, elle invite tout le monde à se prendre une cuillère et à goûter à notre sauce : « C’est délicieux, je n’aurais jamais pensé y mettre de la citrouille », ajoute Gisèle. Un vrai travail d’équipe.  

Le plaisir de redonner 

Il ne reste que quinze minutes à notre visite et nous nous installons pour aider Gilles et Gisèle à couper des oignons. Émilie nous montre une nouvelle technique de coupe, pendant que nos acolytes expliquent pourquoi le bénévolat est important: « Il y a deux ans, j’ai eu un cancer des ganglions et j’ai dû arrêter de travailler. J’ai recommencé et je fais des activités comme les cuisines collectives et du yoga », confie Gilles. Puis Gisèle ajoute que « c’est mon amour de la cuisine qui m’a mené ici, je me sens à ma place. Et de voir qu’on aide les gens qui n’ont pas beaucoup de sous, ça me donne l’impression de participer à leur bien-être ». 

Un esprit de légèreté et de camaraderie se dégage de cette cuisine qui sert autant à diminuer le gaspillage alimentaire, à créer des liens avec les autres et à participer au bien-être de la communauté.  

 

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