La Plaine est sous pression

Les bénévoles lors de la distribution de paniers alimentaires. Photo gracieuseté 
Les bénévoles lors de la distribution de paniers alimentaires. Photo gracieuseté 

 Pendant que l’accès aux ressources est en baisse, les demandes d’aides alimentaires ne cessent d’augmenter pour le Comité d’aide aux Plainois (CAP). En entrevue avec La Revue, la directrice Brigitte Villeneuve fait état de la situation.  

 « Au mois de mars, j’ai vendu pour 9 800 $ de bons alimentaire. Habituellement, ça tourne entre 6 500$ et 7 000$ », cite-t-elle. 

Cette augmentation de près de 3 000$ inquiète la directrice. « Sur le terrain, les demandes ne cessent d’augmenter depuis plus d’un an. » Chaque semaine, plus de 40 familles se présentent pour recevoir une aide alimentaire. Avec le support des bénévoles, Brigitte prépare les paniers d’aliments non périssables et remet des bons alimentaires qu’ils peuvent utiliser pour l’achat de produits frais et non transformés, dans les épiceries IGA. « Nous sommes sous pression puisque j’ai un nombre maximal de personnes que je peux desservir. J’essaie de faire des activités pour amasser des fonds et d’être créative dans le but de faire des sous », confie-t-elle. La boutique est leur principale source de financement. Les citoyens y font des dons, qui sont ensuite triés par les bénévoles et vendus pour amasser des fonds pour l’aide alimentaire. La Guignolée de Noël est aussi une ressource essentielle, mais Brigitte a déjà atteint le fond, en ce début d’avril, comme elle l’explique : « J’ai l’idée de faire une guignolée du printemps. Ça fait deux semaines que je n’ai plus rien de la Guignolée de Noël ».  

 

 

 

Le nombre de bénéficiaires explose 

Le profil des bénéficiaires est en mutation et la directrice voit les demandes exploser. Brigitte tient à souligner que « lorsque quelqu’un se présente pour de l’aide, il y a un calcul qui est fait et, selon les revenus et les dépenses, on octroie ou non le service. On vient en aide aux gens les plus vulnérables ». Depuis peu, le CAP accueille la plus forte proportion de personnes réfugiées en provenance des États-Unis parmi les comités d’aide de Terrebonne.  

Un autre enjeu qui la tourmente au plus haut point est l’augmentation des demandes faites par les usagers de 70 ans et plus. « Ils n’ont pas de pension, rien de tout ça. Ils ont seulement l’aide sociale de 840$ par mois. Donc ils coupent dans l’alimentation pour pouvoir payer leurs logements ». Mais Brigitte précise qu’elle les aidera encore longtemps puisqu’ils ne sont plus aptes à retourner sur le marché du travail. Malgré les demandes qui débordent, elle appelle les personnes âgées à utiliser leur service et à éviter l’isolement. 

« Il faut qu’il se passe quelque chose, que les élues viennent nous prêter main-forte », mentionne-t-elle. Puis termine en faisant un appel au soutien de la population, pour avoir des dons en argent ou en objets qui seraient adéquats pour être vendue dans leur boutique. « Chaque participation fait une différence. » 

Marché en mutation 

L’expansion des épiceries de liquidation répond aux besoins des citoyens, mais cause un impact sur l’approvisionnement des banques alimentaires. Selon le directeur général de Moisson Laurentides, Guillaume Richard, il est encore trop tôt pour évaluer l’impact réel de celle-ci sur leur approvisionnement en denrées. Ces nouveaux joueurs les forcent à regarder le marché de près et à prévoir les possibles conséquences. Il estime que dans les prochaines années, une augmentation des demandes des plus vulnérables augmentera de 26%.

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