Félix Trudeau cogne à la porte de la LNH

Félix Trudeau. (Photo gracieuseté)
Félix Trudeau. (Photo gracieuseté)

Chaque année, 224 jeunes hockeyeurs sont repêchés par les différentes organisations de la Ligue nationale de hockey (LNH). On pense souvent qu’il s’agit de la seule manière pour accéder à la meilleure ligue de hockey au monde. Félix Trudeau, originaire de Terrebonne, n’a jamais été repêché. Il y a 4 mois, à l’âge de 23 ans, il signait un contrat d’entrée dans la LNH avec les Blues de Saint-Louis.

-Par Benjamin Brassard, collaboration spéciale

L’attaquant ne cache pas son étonnement face à la rapidité des événements. « Si tu m’avais dit que j’allais signer un contrat de la Ligue nationale il y a deux ans, je ne t’aurais pas cru », admet-il en entrevue. Pour ce jeune Terrebonnien, la signature de ce contrat professionnel est une étape de plus vers le sommet. « Depuis que je suis tout petit, mon rêve c’est de jouer dans la LNH. Maintenant, il reste juste une marche à grimper, pour y arriver », ajoute-t-il.

Une carrière à l’étranger

Contrairement à beaucoup de ses coéquipiers québécois, Félix a choisi très tôt de s’expatrier. Après avoir évolué avec les Conquérants des Basses-Laurentides et le Phénix du Collège Esther-Blondin, il a mis le cap vers les États-Unis pour joindre l’école Northwood. Cette transition n’a pas été facile : « Le plus difficile, c’était de partir de la maison. J’étais loin de ma famille et mes amis », explique-t-il.

Après des passages dans la Ligue de hockey de la Colombie-Britannique (BCHL) et une brève escale en Nouvelle-Écosse en raison de la pandémie, Trudeau a rejoint l’Université du Maine dans les rangs universitaires américains (NCAA). Félix a vécu beaucoup d’adversité lors de ses deux premières saisons dans la NCAA. Entre blessure et mésentente avec l’organisation par rapport à son temps de jeu, il tire tout de même du positif de son parcours dans cette organisation.

« Je me suis blessé en début d’année, puis après je sentais un manque de confiance de l’organisation envers moi. On m’a dit que je n’allais pas jouer sur le top 6 et que je n’aurais pas de temps en supériorité numérique. Ce sont des choses qui te font dire qu’il faut que tu t’en ailles si tu veux te rendre au prochain niveau. »

« Au final, j’ai pu peaufiner certains aspects de mon jeu dans le Maine. On m’a mis dans un rôle plus défensif et j’ai pu améliorer ma façon de jouer dans ma zone. Je pense que ça m’a permis de m’adapter plus rapidement dans la Ligue Américaine », avoue-t-il.

La renaissance au Connecticut

Après ces deux années un peu plus difficiles, Trudeau a utilisé le portail des transferts pour rejoindre l’Université de Sacred Heart dans l’État du Connecticut, un choix qu’il qualifie de « no-brainer ». Ce changement a été un moment décisif dans sa carrière : « C’était vraiment les deux meilleures années de hockey de ma vie, autant sur la glace, qu’en dehors ».

Ses succès n’ont pas échappé aux recruteurs de la LNH. Plusieurs équipes étaient intéressées par ses services dont les Blues de Saint-Louis. En fin mars, après avoir été éliminé en finale des séries éliminatoires, son agent l’informait qu’un appel Zoom l’attendait avec l’état-major des Blues, incluant le directeur général Doug Armstrong.

« Les Blues étaient vraiment les plus intéressés, et je pense que c’était le meilleur fit pour moi. L’équipe se dirige vers une reconstruction, un détail qui a pesé lourd dans la balance. Selon moi, c’était la meilleure option pour éventuellement réaliser mon rêve ». Moins d’une semaine après avoir signé son contrat d’entrée avec Saint-Louis, il faisait ses débuts professionnels avec les Thunderbirds de Springfield dans la Ligue américaine de hockey (LAH).

Début chez les pros

Trudeau n’a pas tardé à s’illustrer, disputant les huit derniers matchs en saison régulière et quatre en séries. Un moment restera gravé dans sa mémoire : son premier but dans la LAH, marqué sur une passe de son ami d’enfance avec qui il a évolué avec le Phénix du Collège Esther-Blondin, Thomas Bordeleau. « La belle histoire, c’est que c’est un de mes bons amis qui m’a fait la passe sur mon but. En plus, ma famille et mes amis étaient dans les estrades pour voir ça. C’était vraiment spécial », raconte-t-il.

Désormais, tout près d’atteindre le sommet, l’objectif ultime est d’obtenir le « call-up » vers la LNH. « Je veux vraiment y aller étape par étape comme j’ai fait toute ma vie. Oui je veux atteindre mon objectif de jouer dans la LNH, mais la difficulté après c’est de rester avec le grand club. Je vais me concentrer d’avoir une bonne saison avec Springfield pour mettre toutes les chances de mon côté pour être call-up », conclut-il.

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