Dieudonné Ella Oyono mise sur son expertise

  • Publié le 1 oct. 2026 (Mis à jour le 1 oct. 2026)
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Dieudonné Ella Oyono. (Photo gracieuseté)
Dieudonné Ella Oyono. (Photo gracieuseté)

Ancien président du Conseil exécutif national du Parti québécois (PQ), de 2019 à 2021, Dieudonné Ella Oyono souhaite représenter le parti dans Les Plaines. Il croit que son expérience dans le domaine économique, entre autres, peut faire une différence dans la circonscription.

La Revue a rencontré le candidat en vue des élections provinciales du 5 octobre 2026 pour lui poser quelques questions.

Parlez-nous de vous.

Je suis originaire du Gabon. Ça fait 25 ans que je vis au Québec, dans la grande région de Montréal. Je suis venu pour faire des études de doctorat en économie et j’ai décidé de poser mes valises pour de bon. En termes d’expérience professionnelle, je suis un ancien conseiller économique au gouvernement du Québec. J’ai fait différents ministères. Je travaillais depuis 10 ans à la Ville de Montréal et j’ai quitté pour me lancer dans la campagne. J’ai été le directeur du service économique de la ville. Ça fait quatre ans que je fais ça. C’est pour ça que je suis dans l’équipe économique du PQ. Je ne suis pas nouveau au sein du parti. J’ai occupé les fonctions de président du Conseil exécutif national du PQ de 2019 à 2021. J’ai été candidat en 2018 aussi. C’est un parti que je connais bien. J’adhère à son objectif fondamental, ses idées, ses valeurs.

Pourquoi vous présentez-vous?

On est dans un cycle politique particulier. Certaines personnes qui votent cette année n’ont pas connu le référendum de 1995. La démographie change. L’appui pour une souveraineté, en fonction des groupes d’âge, est différent. Je pense que cette fois-ci, on a une fenêtre devant nous pour prendre la décision sur l’avenir du Québec. On a une fenêtre jusqu’en 2030 pour changer les choses. Ce n’est pas gagné d’avance. On a encore beaucoup de gens à convaincre. Je suis un gars de terrain. Je pense que l’indépendance, oui, c’est politique, mais c’est aussi économique. Les études démontrent qu’on peut être viable financièrement et économiquement. Parfois, on prend pour acquis que les gens qui ne sont pas nés ici sont contre l’indépendance. Moi, je représente ces gens-là qui sont pour l’indépendance, qui sont issus de pays colonisés. On peut être des porte-paroles pour convaincre d’autres gens que ce qu’on est en train de faire, ce qu’on a comme projet de société, c’est inclusif, c’est pour le bien de tout le monde. C’est pour ça que je m’implique et que je fais ma part. On a du travail à faire et je veux faire partie des gens qui vont faire ce travail-là.

Nommez-moi trois grands dossiers sur lesquels vous voulez pousser?

Quand on regarde la région, et j’inclus Lanaudière et Laurentides, on voit que la population a augmenté de manière fulgurante. Par contre, quand on parle de population, ça doit inclure les services. Ça vient avec de la mobilité, des services de garde, des logements abordables, etc. Nous sommes donc en rattrapage. Il faut que le rythme de croissance des investissements dans les infrastructures suive celui de la population. Il y a aussi la protection des terres agricoles dans la circonscription. Il y a une pression sur les terres agricoles, alors qu’on sait qu’on contribue à l’autonomie alimentaire du Québec. Il y a le fameux TGV Alto et le train de Mirabel, entre autres, qui mettent de la pression. Il n’est pas question qu’ici, on fasse du déshonneur agricole pour construire des logements ou des choses comme ça. Donc, ça, c’est un dossier important. Aussi, un enjeu important pour moi, c’est toute la question de la régionalisation, puis de la décentralisation. Les villes sont des gouvernements de proximité et ont beaucoup de responsabilités. Il faut voir comment donner de l’autonomie aux villes, comment on décentralise ça pour que les décisions soient alignées sur les besoins réels.

Décrivez votre circonscription en trois mots.

Je dirais particularités. Ça peut sembler étonnant, mais quand on regarde La Plaine ou encore Mirabel, on peut penser que c’est un quartier qui est en milieu urbain si on ne sait pas trop où nous sommes. Il y a une sorte de disparité entre les différents territoires de la circonscription. Il y a une hétérogénéité propre à elle. Je pense aussi à complexité, dans la manière dont nous restons pertinents, dont nous répondons à des besoins qui sont issus de milieux hétérogènes. Ça, c’est tout un défi. Il ne faut laisser personne derrière. Mon troisième mot serait terroir. Je rencontre beaucoup d’agriculteurs, de gens de fermes laitières. On est capable de nourrir notre monde, et même plus que ça. Je pense que ça aussi, ça nous caractérise.

Que diriez-vous à quelqu’un qui ne compte pas voter pour vous?

Il y a généralement deux types de personnes qui vont vous dire ça. Il y en a qui le disent et tu sens dans leur ton, dans leur non verbal que ça ne vaut pas la peine que tu insistes davantage parce qu’ils ne vont pas changer d’idée. Parfois, ça se passe comme ça. Par contre, parfois, tu peux voir que la personne a une volonté de discuter. La personne ne va pas nécessairement voter pour toi, mais peut-être qu’elle va passer d’adversaire à indécise. Tout le monde a droit à son opinion. Aucun parti politique n’est parfait. Dans mon porte-à-porte, j’ai eu des conversations avec des gens qui avaient des questions très précises et ne semblaient pas en faveur du PQ. Cependant, plus notre discussion avançait et plus je répondais à ses questions, ses inquiétudes, et plus sa perception changeait. Je pense qu’il faut juste être capable de lire la personne devant nous. Est-ce qu’elle est ouverte à discuter? Des fois, on peut parler pendant 15 minutes et elle ne changera pas d’opinion. Ce n’est pas grave non plus. C’est ça, la démocratie. De toute façon, uniquement entendre ce qu’on veut entendre, ce n’est pas mieux. Parfois, il faut entendre des choses qui ne vont pas nécessairement dans le sens de ce qu’on dit parce que ça nous permet de réfléchir, peut-être d’ajuster nos messages, nos politiques. Si on pensait tous la même affaire, on n’aurait pas besoin d’élections.

Si vous êtes élue, est-ce que vous, vous vous engagez à travailler sur le développement du quartier universitaire et du transport en commun dans votre circonscription?

C’est un enjeu important. Nous en avons parlé dernièrement avec les élus municipaux de Saint-Anne-des-Plaines. Ce que les élus disent, puis on le voit, c’est que les décisions sont prises au niveau de la RTM. Le pouvoir qu’avait EXO par le passé de changer, voire de modifier des lignes d’autobus et tout ça, il ne l’a plus. Donc, même si on propose un pass universel de 95 $ par mois, celui-ci ne serait pas efficace s’il n’y a pas d’offre. J’ai beau l’acheter, mais si je ne suis pas capable de me rendre simplement à Saint-Jérôme, à mon université et des trucs comme ça, il y a un problème. J’ai eu la chance de visiter le terrain qui a été acheté pour le nouveau campus de l’UQTR à Terrebonne. Il faut que nos jeunes soient capables de s’y rendre sans être obligés d’utiliser leur voiture. C’est une priorité sur laquelle il faut travailler. Non seulement le transport en commun permet aux gens de ne pas utiliser leur voiture, mais ça atteint aussi des objectifs environnementaux. De plus, un meilleur transport collectif interne aide à ce que nos gens travaillent dans le secteur et ne quittent pas tous pour aller travailler dans d’autres régions.

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