Des trésors sous les rues du Vieux-Terrebonne

  • Publié le 3 nov. 2026 (Mis à jour le 3 nov. 2026)
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Les travaux d'enfouissement des fils ont mis au jour de nombreux objets historiques. (Photo Hydro Québec)
Les travaux d’enfouissement des fils ont mis au jour de nombreux objets historiques. (Photo Hydro Québec)

Dans les rues du Vieux-Terrebonne, les équipements de construction arrachent l’asphalte pour enfouir les fils électriques depuis 2024. Et dans les tranchées ouvertes, des artefacts anciens se révèlent aux chercheurs.  

Le Vieux-Terrebonne est un site patrimonial exceptionnel au Québec. Et pour éviter que ce patrimoine ne soit abîmé par les travaux d’ampleur qui s’y déroulent, des précautions sont prises. Sur le site, on retrouve, parmi les ouvriers et les ingénieurs, des archéologues qui creusent dans les tranchées ouvertes pour en savoir encore plus sur le passé de Terrebonne.  

En tant que responsable des travaux, c’est Hydro-Québec qui a la charge de la surveillance archéologique. « Hydro-Québec s’occupe de l’archéologie parce que c’est Hydro-Québec qui a fait l’évaluation environnementale de ce projet-là. La ville de Terrebonne n’a pas d’archéologue en place dans son équipe, donc on prend en charge cette partie-là pour tout ce qui est du suivi administratif, mais aussi de la conformité scientifique aussi du projet », présente Marine Puech, archéologue conseillère environnemental chez Hydro-Québec.  

Concrètement, les archéologues présents sur le site mènent des fouilles en avance du chantier.  « Les archéologues suivent les excavations, mais on n’est pas là en réaction. On va être là pour ne pas bloquer le chantier, pour que tout se déroule le plus simplement, mais qu’on ait le temps d’expertiser archéologiquement ce qu’il y a à expertiser », explique Mme Puech.  

Les archéologues du chantier étaient présents à la rencontre du public le 29 septembre dernier. Ici, Marine Puech et Josée Villeneuve, propriétaire de Patrimoine Experts. (Photo Médialo – Raphaël Isselet)

Une collaboration  

Le chantier de l’enfouissement des fils est important, autant en termes de durée que de surface. Pour pouvoir mener à bien les recherches archéologiques en parallèle du chantier, Hydro-Québec a dû demander de l’aide. « Mon rôle, ça a été aussi de mandater une firme privée qui s’appelle Patrimoine Expert. Le terrain est énorme, on est trois archéologues chez Hydro-Québec. On ne peut pas faire ça tout seul », explique Mme Puech.  

L’entreprise Patrimoine Experts est ainsi présente sur les lieux pour fournir les services de ses archéologues. Antoine Loyer-Roussel est archéologue chargé de projet pour Patrimoine Experts. « C’est beaucoup de communication qu’il faut avoir avec l’entrepreneur sur le déroulement du chantier. Il faut vraiment bien se parler. Des fois, l’entrepreneur a des urgences, des choses qu’il ne peut pas déplacer. Mais moi, parfois, à l’endroit où il doit descendre la grue, on a des vestiges archéologiques. Donc là, c’est juste de bien communiquer », explique-t-il.  

Sur le chantier, Patrimoine Experts envoie entre trois et cinq archéologues. « On fait vraiment une fouille manuelle. On fouille couche par couche, de la couche la plus récente jusqu’au sol naturel », explique-t-il.  

Préserver le patrimoine 

Pour que des recherches archéologiques aient lieu, il faut demander un permis de recherche au ministère de la Culture et de la Communication. Avec ce permis, vient une obligation de production d’un rapport de recherche. « On accumule beaucoup de données archéologiques dans le Vieux-Terrebonne, pour l’instant, on est vraiment dans la prise de données. Après, il va y avoir tout un moment dédié à l’analyse », explique Mme Puech.  

Car une fois les données et artefacts rassemblés, ils permettront de préciser l’histoire du Vieux-Terrebonne. « On va voir l’analyse des artefacts par des spécialistes en culture matérielle pour vraiment aller au plus loin possible qu’on peut dans l’histoire de ces objets-là. Et il va y avoir aussi toute l’analyse de toutes les couches stratigraphiques, tous les niveaux d’occupation qu’on a. On va essayer de faire une belle histoire la plus logique possible en fonction des données scientifiques qu’on récolte tous les jours », termine-t-elle.  

Et une fois les objets traités, ils sont enfin disponibles pour des expositions, des musées, ou encore des recherches historiques. 

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