Des objets qui racontent l’histoire dans le Vieux-Terrebonne

Parmi les objets retrouvés, des meules de maison ou encore des jouets pour enfants. (Photo Médialo - Raphaël Isselet)
Parmi les objets retrouvés, des meules de maison ou encore des jouets pour enfants. (Photo Médialo – Raphaël Isselet)

Depuis le début du chantier, ce sont des dizaines de caisses d’objets historiques qui ont été trouvés sous les rues du Vieux-Terrebonne. Et beaucoup d’autres sont à découvrir.  

Dans les tranchées du Vieux-Terrebonne, d’innombrables fragments du passé se dévoilent aux archéologues. « Il faut savoir qu’on a 50, 60 caisses. On aura probablement 80 caisses d’artefacts à la fin du projet », explique Marine Puech, archéologue conseillère environnemental chez Hydro-Québec. 

Et parmi tous ces objets, lesquels reviennent le plus souvent ? « Il y a beaucoup de décorations. On a de la faïence, on a toutes sortes de manières de fabriquer des plats, de la vaisselle qui sont associées à des périodes bien spécifiques », raconte Mme Puech. Ces objets sont ensuite inventoriés, triés, classés, analysés puis envoyés à la réserve archéologique du Québec.  

« Il y a certains artefacts qu’on va probablement faire partir en restauration parce qu’une fois qu’on les a sortis du sol, on les sort un peu de leur environnement qui les a rendus stables dans le temps, précise-t-elle. Maintenant, notre travail, c’est de ne pas perdre cet objet, et de le faire restaurer. Ça on le fait avec le Centre de conservation du Québec. On leur envoie les artefacts qu’on pense intéressants à faire stabiliser ou restaurer au complet ».  

Un territoire particulièrement propice 

Si le Vieux-Terrebonne regorge autant de trésors, c’est bien sûr grâce à sa longue occupation humaine, mais pas uniquement. « On a trouvé plusieurs contextes qui favorisent la découverte de beaucoup d’artefacts, dont des latrines. Et là-dedans, on a rejeté tellement de choses. Ce sont des trésors archéologiques, des latrines. On peut se retrouver avec des épaisseurs assez impressionnantes d’artefacts. Et comme on en a trouvé plusieurs, on a beaucoup d’artefacts aussi », raconte Mme Puech.  

De même, paradoxalement, l’incendie de 1922 permet de trouver des artefacts aujourd’hui. « À l’époque, au moment de la reconstruction, il n’y avait pas les mêmes moyens mécaniques pour faire des travaux. Souvent, ce qu’ils faisaient, c’est qu’ils démolissaient ce qui était hors-sol, puis ils comblaient les trous avec », rapporte Antoine Loyer-Roussel. Il note aussi que le fait que certaines rues aient été agrandies permet de trouver de nombreux artefacts juste devant les façades actuelles, exactement là où se trouvent les tranchées du chantier d’enfouissement. 

(Photo Médialo – Raphaël Isselet)

Des trouvailles   

Parmi la multitude d’objets trouvés, Marine Puech pointe un jeu de meules à main. « Parce qu’on est dans le Vieux-Terrebonne à côté de l’Île-des-Moulins, c’est tellement une image, presque un stéréotype. Juste de retrouver des meules dans cet état, les deux qui fonctionnent ensemble, c’est superbe ». Antoine Loyer-Roussel, archéologue chargé de projet pour Patrimoine Experts, retient plutôt une faïence française. « C’est une pièce avec une scène de pêcheur, ça me touche beaucoup. Elle date de 1750 environ ».  

Et si, pour le moment, cela n’a pas été le cas, Mme Puech rappelle « qu’il y a aussi un potentiel de découverte autochtone, parce qu’avant que Terrebonne ne soit Terrebonne, il y a pu y avoir des populations autochtones aussi. C’est un secteur vraiment magnifique, c’est une belle terrasse, mais dans les sols d’origine qu’on trouve, pour l’instant, on n’a jamais trouvé de témoins d’occupation autochtone ».  

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