Un Terrebonnien récompensé pour un film IA 

  • Publié le 4 nov. 2026 (Mis à jour le 4 nov. 2026)
  • Lecture : 2 minutes

Gabriel Brien est cinéaste IA et il a récemment reçu deux prix pour son court métrage. Nous l’avons rencontré pour un savoir un peu plus sur l’IA dans la production cinématographique.  

Gabriel Brien l’exprime d’emblée : pour lui, l’IA est un outil mais c’est bien l’humain qui reste au cœur du processus de création artistique. « L’IA, c’est ma caméra, mais le réalisateur derrière, il reste humain, il reste que c’est moi derrière. Alors, j’écris le script, je choisis les scènes, je génère les scènes, je corrige, je refais ».  

Pour son court-métrage d’environ trois minutes, Gabriel Brien dit avoir passé 70 heures sur le projet. « Juste pour donner un exemple, il a fallu que je crée plus de 50 versions de l’héroïne dans mon film avant de trouver la version qui était dans mon esprit », explique-t-il. Mais la différence majeure avec la création sans IA réside dans le coût.  

« Le budget pour faire tout ça, moi, c’est entre 1 000 et 2 000 $, sans compter mes heures, évidemment. Mais si ça avait été fait avec les outils traditionnels, déplacer l’équipe de tournage, engager les acteurs, faire les effets spéciaux, tout ça serait coûté entre 50 et 100 000 $ pendant trois minutes ».  

Un travail minutieux 

Gabriel Brien explique que créer un film avec l’IA ne veut pas dire utiliser une requête à Chat GPT et attendre que tout se fasse. « J’utilise plusieurs dizaines de logiciels d’IA différents, avec des fonctions très différentes », précise le Terrebonnien.  

Et pour créer ses films, il suit un processus assez précis. « On va créer premièrement tous les personnages dans l’histoire, il y a vraiment un travail de préproduction, on doit asseoir tous les environnements, les personnages, les scènes, c’est un storyboard très précis qui doit être visuel et qui doit être sans faille ».

Des outils puissants 

Gabriel Brien considère surtout que l’humain doit garder le contrôle du processus créatif et ne pas se reposer entièrement sur les outils d’IA. « Ce qu’on voit aujourd’hui sur Internet, c’est beaucoup de la poubelle générative, des gens qui utilisent l’IA surtout pour faire de la désinformation, pour utiliser des propriétés intellectuelles qui ne leur appartiennent pas, faire des vidéos avec Spiderman », dit-il.  

Pour contrer cela, Gabriel Brien pense qu’il faut éduquer la population à une bonne utilisation de l’IA, mais aussi que les gouvernements régulent le secteur. « C’est important d’enseigner aux gens que ces outils-là sont très puissants, mais qu’il faut garder le contrôle, il faut que l’humain reste derrière, il faut respecter les artistes. Bientôt, il va y avoir des régulations que les gouvernements vont mettre, ils vont imposer des règles aux grandes plateformes de Google et compagnie, pour que ces outils-là, il y ait des barrières, qu’on ne puisse pas violer les copyrights. Moi, je le souhaite vraiment parce que ça brise un petit peu la confiance », déclare le Lanaudois.  

Enfin, quand on l’interroge sur la question du coût environnemental d’un tel métrage, Gabriel Brien pointe du doigt l’aspect hypocrite de la remarque. « Il y a beaucoup de gens qui disent que l’IA, c’est dommageable pour l’environnement, ça fait chauffer des serveurs, il faut les refroidir, l’électricité coûte cher, etc. Mais déplacer 100 personnes dans le Grand Nord pour filmer une scène avec un ours polaire, payer l’hôtel, le déplacement, l’avion, la nourriture, ça aussi, c’est dommageable pour l’environnement », conclut-il.  

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