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21 juillet 2021

Pénélope Clermont - pclermont@lexismedia.ca

Déversements d’eaux usées : on n’y échappe pas

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©Pénélope Clermont

La carte interactive montre par ailleurs une large augmentation des déversements d'eaux usées entre 2011 et 2019 à Terrebonne, particulièrement depuis 2017.

Chaque année au Québec, d’importantes quantités d’eaux usées sont déversées dans les cours d’eau, faute de pouvoir être traitées dans les systèmes d’assainissement municipaux. Les raisons pouvant mener à ces débordements occasionnés par un trop-plein d’eau dans le réseau sont multiples : fortes pluies, fonte des neiges, travaux d’urgence… Et la MRC Les Moulins n’y échappe pas.

S’appuyant sur des données publiées par le ministère de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques entre 2011 et 2019, la Fondation Rivières a rendu publique une carte interactive sur les déversements d'eaux usées, en plus de dévoiler une liste des 50 municipalités qui ont enregistré le plus grand nombre de déversements en 2019. Sur les 60 660 observés dans l’ensemble de la province, Terrebonne en compte 592, se classant au 28e rang de ce palmarès.

Notons que Mascouche en a pour sa part enregistré 551, mais on ne peut additionner les chiffres pour obtenir un total dans Les Moulins, puisque le réseau des deux municipalités étant lié, un seul déversement peut avoir été enregistré à la fois à Terrebonne et à Mascouche.

Si on se concentre uniquement sur Terrebonne, là où la majeure partie des installations moulinoises se concentrent, on a dû effectuer, depuis la principale station d’épuration, 318 déversements en 2019 : 101 en urgence, 175 en temps de pluie et 42 à cause de la fonte des neiges.

Intensité et durée

Au-delà du nombre de déversements, il est surtout important d’en connaître l’intensité et la durée, rappelle la Fondation, car plus un ouvrage de surverse est grand, plus la quantité d’eau qu’il déversera sera importante. Toujours en 2019, Terrebonne compte un indice d’intensité de 691 605, soit 4.024 par habitant, ce qui la classe au 21e rang sur 50 sur ce plan. Cet indice se calcule selon le débit de conception de la station, la grosseur de l’ouvrage qui a débordé et la durée de chacun de ces débordements. Quant à la durée des surverses observées, elles cumulaient un total de 4 621 heures. Un résultat qui exclut la Ville du classement.

La carte interactive montre par ailleurs une large augmentation des déversements entre 2011 et 2019 à Terrebonne, particulièrement depuis 2017. On en comptait 237 en 2015, comparativement à 586 en 2017. Ce fait s’explique en grande partie par l’installation d’enregistreurs électroniques mesurant le nombre et la durée des surverses. Auparavant, on fonctionnait avec des repères visuels analysés lors d’une visite hebdomadaire d’un employé. Trois déversements en une semaine pouvaient donc passer pour un seul. Les données datant d’avant 2017 sont donc de moins bonne qualité que celles obtenues à partir de 2017.

Urgence d’agir

L’objectif derrière l’exercice proposé ici n’est pas de pointer du doigt certaines villes, assure André Bélanger, directeur général de la Fondation Rivières, mais bien de signifier aux gouvernements les endroits où il faut agir en urgence. « Actuellement, aucune analyse des priorités d'investissement n'est effectuée. L'argent est injecté de manière aléatoire sans planification territoriale. Pourtant, si on souhaite apporter une solution au problème, on doit réaliser les travaux en fonction des enjeux prioritaires par bassin versant. C'est le diagnostic que la carte et le palmarès nous permettent de faire », dit-il.

« Ce qui manque, c’est l’impact de ces déversements sur les rivières. On raffine notre modèle pour en tenir compte, poursuit Alain Saladzius, président de la Fondation. On travaille même à rendre les données accessibles en ligne pour que les municipalités puissent [agir] de manière plus autonome. »

Mieux diriger les eaux pluviales

L’objectif à plus long terme, selon l’ingénieur qui a œuvré dans le domaine pendant 30 ans, est de limiter l’arrivée de l’eau pluviale dans les conduites sanitaires, car celle-ci cumule des déchets et sature le réseau, lequel, lors de déversements, ne suffit pas à traiter les eaux usées. « Ce qu’on préconise, et qui se fait lentement, c’est de diriger les eaux de pluie dans les sols et de les éloigner du réseau en mettant en place des infrastructures vertes », avance-t-il.

Une pratique que prônent de plus en plus les promoteurs, croit Vincent Lessard, chargé de projets pour le Conseil des bassins versants des Mille-Îles (COBAMIL). « Les promoteurs sont plus conscients de l’importance de la gestion des eaux de pluie dans les nouveaux développements », se console-t-il en admettant ne pas être étonné des chiffres évoqués plus haut : « En étant dans un milieu très développé, on ne s’en sauve pas. Plusieurs paramètres font en sorte que les surverses sont nombreuses, dont la population dense. Le sol est aussi très imperméable, ce qui limite l’infiltration de l’eau de manière naturelle. Elle va dans les égouts et entraîne des problématiques que nous n’aurions pas si 50 % du territoire était forestier », explique en conclusion M. Lessard.

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