Début des consultations pour le TGV 

Alto tient des consultations publiques partout au Québec. (Photo Médialo - Sabrina Quesnel-Bolduc)
Alto tient des consultations publiques partout au Québec. (Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc)

Le mardi 3 février avait lieu la première consultation publique du groupe Alto, pour le train à grande vitesse (TGV), qui prévoit de relier Québec à Toronto en seulement 4h.   

Le projet en est encore à ses balbutiements mais plusieurs journées portes ouvertes ont déjà été planifiées par la société d’État en charge du projet, Alto. La rencontre du 3 février, la première à Terrebonne, avait pour but d’informer et de récolter les commentaires des résidents de Lanaudière qui seront touchés de près ou de loin par la nouvelle infrastructure.  

Dès 11h, les employés d’Alto ainsi que des experts étaient en poste dans la salle de l’Hôtel Imperia de Terrebonne, prêts à présenter le premier tracé, et disponible pour échanger avec les quelque 150 futurs utilisateurs présents à la séance.  

Zone à l’étude 

La directrice de projet, Daphné Hurtubise, explique que « ces consultations sont très importantes pour nous. Elles permettront de retirer ou protéger les zones sensibles de l’itinéraire final, mentionne-t-elle. Le premier tracé sera fait pour l’automne 2026. Une des préoccupations que nous avons recueillie dans les précédentes rencontres est le désir que les gares soient occupées par des commerces locaux. »   

Pour Alto, il est primordial de minimiser les impacts et d’assurer l’acceptabilité sociale du projet. À terme, ils visent la construction d’un corridor de 70 mètres. La proximité des infrastructures déjà existantes sera priorisée autant que possible. 

Le vice-président d’Alto, Philippe Archambault, explique le « choix de consulter tôt dans le processus. Pour un projet de train à grande vitesse, on a besoin d’une emprise de 60 mètres et, en ce moment, on étudie sur 10 km de large. Nous n’aurons pas besoin de toutes ces terres-là. Comme il y avait différentes options, on a voulu recueillir les commentaires du milieu, des MRC, des producteurs agricoles et des citoyens. »  

Il ajoute qu’en plus de la série de rencontres, un portail en ligne est disponible, jusqu’à la fin mars, pour que toute la population puisse donner son avis et sonder la carte interactive. Déjà 3000 personnes y ont répondu. Des tables rondes avec des experts ont aussi été organisées, aussi pour minimiser les impacts.  

Des inquiétudes pour les citoyens 

Sur les réseaux sociaux, des résidents ont partagé leurs craintes d’une possible expropriation. Daphné Hurtubise souhaite les rassurer en précisant que « s’il doit y avoir des expropriations, ça ne se passera pas avant que le tracé final soit défini, nous souhaitons sincèrement éviter de reproduire les erreurs faites lors de l’implantation de l’aéroport de Mirabel. » 

Pour sa part, Philippe Archambault mentionne que « l’approche est complètement différente, parce que l’on vise d’abord des négociations de gré à gré pour l’acquisition des terrains. » L’hypothèse est réelle, mais « les propriétaires ne vont pas recevoir l’information par courriel. Ce sera plus humain comme approche. On va laisser le temps aux gens de consulter les documents. Ensuite, selon le coût marchand, nous offrirons une valeur juste et équitable, et trouver une entente. Si, malheureusement, ce n’est pas possible, la loi prévoit des moyens de contestation pour les bénéficiaires. Dans tous les cas, on veut limiter les impacts. » 

L’Union des producteurs agricoles de Lanaudière en colère 

À l’entrée du stationnement de l’Hôtel, une vingtaine des membres de l’UPA se tenaient debout, avec des affiches de protestations. Leur crainte face au TGV était claire. Attentifs, les adhérents ont écouté le discours du président de la Fédération de l’UPA de Lanaudière. Pour Marcel Papin, « nous n’avons pas besoin de ce train à grande vitesse ». Il s’inquiète des coûts prévus, mais, surtout, de l’impact sur les terres agricoles de la région : « C’est l’histoire qui se répète. Dans Lanaudière, le sol est d’une grande qualité pour la culture. C’est certain qu’il y aura des dommages énormes sur nos fermes. Les parcelles vont être sectionnées et il n’y aura pas d’accès, donc, des terres vont être abandonnées. » 

M. Archambault répond que des discussions sont en cours avec l’UPA afin de trouver des ententes à l’amiable et limiter au maximum les dégâts potentiels. « Le mandat qu’on a reçu du gouvernement fédéral est très clair. C’est un train à grande vitesse entre Québec et Toronto avec sept gares. Le projet du corridor est basé sur l’analyse de différentes études qui avaient été faites dans les années passées, mais aussi les propositions que les partenaires nous ont transmises en 2026. On arrive déjà avec un corridor qui est basé sur des études de flexibilité qui viennent aussi du marché, ce n’est pas un aléatoire. On va aussi essayer de suivre les tracés des cadastres, sans couper les terres agricoles. » 

Les Villes de Terrebonne et Mascouche appellent Alto à réaliser une consultation en bonne et due forme. Selon eux, l’évènement du 3 février n’était qu’un salon d’information et invite la société d’État à aller plus loin. « Nos citoyens doivent pouvoir participer de façon réelle et significative à l’élaboration de ce projet. C’est pourquoi nous demandons des consultations publiques en bonne et due forme qui permettront aux personnes et organisations intéressées de se faire entendre et d’obtenir des réponses à leurs préoccupations » explique Mathieu Traversy, maire de Terrebonne. 

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