Fatou Cissé, la seule femme de sa cohorte

  • Publié le 9 mars 2026 (Mis à jour le 10 mars 2026)
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Photo gracieuseté
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Fatou Cissé a obtenu son diplôme d’études professionnelles au Centre de formation professionnelle (CFP) des Moulins il y a un peu plus d’un mois. Seule femme de sa cohorte en usinage, elle exerce depuis son métier de machiniste.  

Déterminée à suivre son rêve, la résidente de Saint-Jacques sait depuis son jeune âge ce qu’elle aime et s’oriente en conséquence. « J’ai toujours aimé tout ce qui touche à la fabrication et à la mécanique », dit-elle. 

Ce choix s’est donc présenté de façon naturelle et a aimé cette formation. « Je n’ai aucun regret et ça s’est super bien passé ». La jeune femme de 23 ans savait qu’elle serait en minorité avant le début du cours, ce qui ne l’a pas arrêté. « Je n’ai rencontré aucun problème. J’aime ce que je fais et c’est ce qui compte ».  

Enseignant en usinage depuis vingt ans au CFP, Alain Baribeau confirme que Fatou ne faisait pas exception à la règle. « C’est un cours qui compte majoritairement des garçons, il y a très peu de filles chaque session. Il peut y en avoir une, deux ou même, aucune », explique-t-il. En classe, Fatou se sent accueillie et traitée à parts égales par ses compères.  

 

 

Le choix de la formation 

Cette formation amène « les élèves à être machinistes, ce qui consiste dans la fabrication de pièces. Les élèves développent leur compétence sur des machines manuelles pour ensuite développer la maîtrise des machines à commandes numériques », explique Alain Baribeau sur le parcours de 1800 heures.  

Selon lui, certaines femmes entretiennent une perception du métier erronée comme. « Certaines peuvent penser qu’on travaille fort physiquement, et se salir les mains ». 

Fatou, quant à elle, vérifie qu’il y a moins de travail de force qu’on peut le penser. « Le milieu de travail est sécuritaire et ergonomique. Par exemple, il y a le pont roulant qui permet de soulever de grosses charges, il y a tout ce qu’il faut pour que tu sois à l’aise », souligne-t-elle. 

L’enseignant souhaite rappeler que, lors de la Deuxième Guerre mondiale, les hommes étant partis au combat, les femmes s’occupaient de la fabrication de l’armement. « Il n’y a pas de discrimination dans ce métier. Dans le temps, les femmes étaient plus nombreuses et valorisées pour leur dextérité fine », ajoute Alain. La partie intellectuelle des étudiants est aussi mise à l’épreuve. « Il y a toute la programmation qui se fait à l’ordinateur, qui va chercher le côté plu intellectuel des élèves. C’est très complet. »  

La place des femmes sur le marché du travail 

« À vrai dire, c’est un milieu qui est méconnu pour tout le monde, le milieu est en pénurie de main-d’œuvre qualifiée. Certaines entreprises refusent des contrats par manque de personnel », mentionne Alain. Les étudiants de sa cohorte sont financés pour faire leurs études, par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur. 

Nouvellement sur le marché du travail, Fatou vit sa première expérience professionnelle qu’elle qualifie de « très différente. À l’école, nous ne fabriquons pas de très grandes pièces et le rythme est adapté à l’apprentissage. Tandis qu’en entreprise, on te met souvent à l’épreuve », explique-t-elle. 

La réalité du terrain est aussi différente pour l’accueil qu’elle reçoit de certains collègues masculins, étant encore la seule femme : « Parfois, tu te sens vexée, je dirais, sur des petits commentaires, mais ça arrive très rarement. Mais ça se sent parfois, pour dire vrai. Tant que tu fais tes preuves et tu réalises les tâches à faire dans le temps, tu sens que tu évolues et après, tu ne te soucies pas de ces trucs-là ».  

Son conseil pour toutes les femmes désirant explorer cette avenue serait de ne pas hésiter à se lancer. 

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