Temps d’écran pendant la relâche : comment trouver l’équilibre

  • Publié le 17 févr. 2026 (Mis à jour le 17 févr. 2026)
  • Lecture : 4 minutes
Le temps d'écran pour les enfants doit se limiter à 2 heures par jour. Photo Adobe Stock
Le temps d’écran pour les enfants doit se limiter à 2 heures par jour. Photo Adobe Stock

Qui dit semaine de relâche dit temps libre pour les enfants et les adolescents, mais aussi plus de moments disponibles pour la consommation d’écrans. Une situation qui peut rapidement inquiéter certains parents qui cherchent à trouver l’équilibre entre l’interdiction totale et le laisser-faire. Pour répondre à ces interrogations, nous avons rencontré la Dre Linda Pagani, professeure en psychoéducation et psychologue membre de l’Ordre des psychologues du Québec.

Quand on lui parle de temps passé devant un écran, la Dre Linda Pagani, psychologue spécialisée dans ce domaine, met en préambule les choses au clair : tous les écrans ne se valent pas et ne sont pas à mettre dans le même panier. En effet, « quand on parle des écrans qui peuvent poser problème, on parle du temps discrétionnaire, soit le temps de loisirs versus le temps de travail », explique-t-elle tout en prenant, comme illustration, sa propre réalité professionnelle. « Je fais probablement 40 heures de semaine devant un écran dans le cadre de mon travail. Mais ça, c’est du travail qui est très interactif et qui fait partie de la modernité. »

Mais chez les enfants, la logique est différente : « Ils ne travaillent pas, donc n’ont pas un rapport à livrer le vendredi à 16 h par exemple. Ils ont d’autres tâches comme s’épanouir et aider leur cerveau à bien se développer. »

Dre Linda Pagani. Photo gracieuseté Université de Montréal
Dre Linda Pagani. Photo gracieuseté Université de Montréal

Des dangers difficiles à voir

Si les écrans sont aujourd’hui devenus un véritable danger pour le développement des enfants, c’est aussi parce que la société a parfois du mal à reconnaître les risques. Pour illustrer ces propos, Linda Pagani évoque une image frappante. « Je prends souvent l’exemple d’une photo d’un petit garçon au préscolaire en 1958, avec une cigarette à la main. La science disait déjà que le tabac était toxique, mais tout le monde fumait quand même. » Une problématique que la société actuelle vit avec les écrans. « Essayez de convaincre des personnes qui ne sont pas sobres de changer… c’est très difficile », ajoute-t-elle.

Favoriser une enfance « naturelle »

Alors, comment faire pendant la semaine de relâche pour éviter que les écrans occupent tout le temps disponible. « Mon premier conseil, c’est de garder l’enfance et l’adolescence la plus naturelle possible, affirme Dre Pagani. En 60 ans, on a complètement éliminé le jeu : le jeu physique, le jeu de lecture, le jeu de se concentrer sur des figurines et créer des scénarios. Pourtant, ces activités sont fondamentales et très importantes pour le développement du cerveau de l’enfant. »

Et à savoir quelles limites imposer aux enfants, la réponse est claire : « En bas de cinq ans, ce n’est pas plus qu’une heure par jour », précise-t-elle, en excluant par exemple, les appels vidéo pour appeler les grand-parents. Pour les enfants plus âgés, « deux heures par jour maximum, ajoute-t-elle. On a juste 24 heures dans une journée. Si on enlève neuf heures pour le sommeil, trois heures pour les repas, il ne reste pas beaucoup de temps pour se développer, avoir des amis à la maison, faire des jeux. »

Montrer l’exemple aux enfants

Parmi les moments de la vie où l’usage d’écran est le plus compliqué à gérer, l’adolescence arrive probablement en tête. Pourtant, la question ne devrait presque pas se poser tant, à cet âge, les possibilités de se développer sont nombreuses. « À 13 ou 14 ans, ils sont déjà prêts à aller travailler dans un café, par exemple, souligne Dre Pagani. C’est un âge clé pour développer les compétences sociales. S’ils ne travaillent pas, ils peuvent aussi faire du bénévolat. » Les écrans ne seraient donc pas une fatalité.

Et la psychologue de pointer une contradiction fréquente : « Les parents ont de la misère à expliquer qu’il y a d’autres choses pour s’épanouir que les écrans, mais personne n’est sobre. Si les parents eux-mêmes ne sont pas sobres des écrans, comment peuvent-ils accompagner leurs enfants? »

Planifier pour encadrer sans culpabiliser

Ainsi, pour éviter les conflits, la Dre Pagani recommande une astuce toute simple: « Utilisez la porte du réfrigérateur et planifiez tout à l’avance. Pendant la semaine de relâche, mettez noir sur blanc les activités et les heures. Dans cet horaire, prévoyez les deux heures d’écran. » En mettant en place une sorte de contrat écrit, parents et enfants ont donc une base solide évitant toute négociation ou rapport de force. « C’est important, car les impacts d’une exposition prolongée aux écrans sont réels et concrets. »

Effectivement, ces dernières années, de nombreuses études ont démontré que les conséquences psychologiques étaient de plus en plus fortes. « Le grand problème, c’est qu’aujourd’hui, on trouve la vie non technologique ennuyante », observe encore Dre Pagani. «La surstimulation entraîne une intolérance croissante à l’effort. On a une pandémie d’intolérance à l’effort à travers le monde. »

Sur le plan neurologique aussi, la spécialiste s’inquiète : « Les cerveaux de ces enfants-là sont rendus tellement adaptés aux algorithmes que, quand la vraie vie n’est pas adaptée aux algorithmes, on a un problème. Ils arrivent à l’école sans la motricité. Ils ne sont pas capables de faire leurs lacets, de sauter, d’attraper un ballon. »

Pour la Dre Pagani, le message aux parents est donc clair : « Le naturel est très important ». Puis, « encadrer les écrans pendant la semaine de la relâche n’est pas une question de contrôle excessif, mais une façon d’aider les enfants à se développer dans toutes leurs dimensions ».

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