Michel Boudrias préoccupé par la session

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Par Pénélope Clermont
Michel Boudrias préoccupé par la session
Michel Boudrias n’accepte pas que les députés partent en vacances sans qu’un plan de contingence n’ait été élaboré. (Photo : archives)

Invité à partager ses impressions quant à la session parlementaire qui s’est conclue il y a quelques semaines à Ottawa, le député de Terrebonne Michel Boudrias laisse paraître un regard préoccupé. S’il est fier du travail que son équipe et lui ont accompli localement, il se montre inquiet de la manière dont les choses sont menées en Chambre.

D’entrée de jeu, il admet qu’il est difficile pour lui de tracer le bilan de sa présence à Ottawa, car non seulement il est exclu de la cinquantaine de députés sur les 338 pouvant siéger, mais il se dit « muselé » par son propre parti, le Bloc Québécois. « Je suis le seul député du parti qui n’a pu s’exprimer et poser une question en Chambre », illustre celui qui considère cependant encore plus préoccupante la structure de crise instaurée au Parlement en raison de la pandémie.

« La démocratie est un service essentiel, plus que tout autre, et un État doit fonctionner sous la supervision de l’opposition », affirme le député, qui croit que son absence en Chambre correspond à « 120 000 électeurs qui n’ont pas de voix au chapitre ».

Des lacunes inquiétantes

M. Boudrias revient aussi sur les lacunes qu’il a observées quant au contrôle des frontières en début de pandémie, sur l’exercice du droit de quarantaine et sur le constat d’échec dans les résidences pour aînés et les CHSLD.

« Je n’accepte pas qu’on parte en vacances sans avoir un plan de contingence pour la suite. Ça me laisse perplexe de voir que les choses se font mener à coup de décrets, critique le juriste de formation. L’urgence décrétée a permis le forage dans le golfe du Saint-Laurent et Québec a tenté d’adopter le projet de loi 61. Ce n’est pas fédéral, mais ce projet touche des aspects du droit public qui sont préoccupants. »

Parmi les autres aberrations qu’il dit avoir recensées, il note le fait qu’on n’ait pas réactivé, en situation de crise, insiste-t-il, le Comité permanent de la Défense nationale. « On a même demandé la présence de l’armée en CHSLD. Qu’on ne vienne pas me dire que la Défense nationale n’est pas importante en temps de crise », soulève le député qui a par ailleurs démissionné de ce comité au début du mois de juin. Un article avait été publié sur le sujet dans notre édition du 17 juin.

Initiatives locales

Pour terminer sur une note plus optimiste, l’élu de Terrebonne donne le crédit à son équipe pour le travail effectué au cours des derniers mois, surtout en ce qui a trait aux dossiers de rapatriement des ressortissants de sa circonscription.

Il cite enfin Un Plant pour Terrebonne et Achète chez nous comme des initiatives à succès. « J’ai souhaité attirer l’attention sur l’importance de l’autonomie alimentaire, qui est une question de sécurité nationale, avec Un Plant pour Terrebonne. Mon lopin de terre est l’illustration qu’on peut le faire, conclut-il dans son bureau de circonscription qui surplombe un petit jardin. Je suis fier d’avoir contribué à une prise de conscience collective qui a permis le décloisonnement d’organismes communautaires. C’est un projet fédérateur qui se réalise avec des gestes simples. »

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