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Dossiers

« Je peux arrêter quand je veux » : ces Québécois face au Défi 28 jours sans alcool 

  • Publié le 27 janv. 2026 (Mis à jour le 27 janv. 2026)
  • Lecture : 4 minutes
Photo Médialo
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Arrêter de boire quand on a l’habitude de trinquer pendant une soirée ou à la fête de son ami n’est pas une chose si simple. On a tous l’impression qu’arrêter totalement l’alcool pendant un mois peut être facile, mais ce n’est pas sans concessions. À l’occasion du lancement du Défi 28 jours sans alcool, nous sommes allés à la rencontre de personnes de tout âge pour parler de leur relation avec l’alcool et surtout de leur capacité (ou non) à faire une pause.  

«On boit rarement, c’est juste dans les partys» : Samuel, 14 ans, et Brandon, 16 ans, élèves au secondaire 

Aux questions posées ce vendredi de janvier au détour d’une allée d’un centre d’achat, Samuel et Brandon ont rapidement trouvé les réponses. Sans aucune envie de minimiser leur consommation d’alcool, les deux adolescents sont francs : ils ont déjà testé ce type de boissons et même gouté «un peu de tout».  

«C’est vrai que nous deux, on a déjà bu un peu de tout que ce soit de la bière, de l’alcool fort comme de la Smirnoff ou même du rhum», explique Brandon tout en précisant que ses parents son au courant de cette expérience. Même son de cloche pour Samuel, pourtant âgé seulement de 14 ans…  

Et quand on leur demande s’ils seraient capables de vivre 28 jours sans alcool : «Franchement, ce ne serait pas un problème parce que l’alcool c’est vraiment de temps en temps. On boit assez rarement et c’est seulement pendant les partys, car je ne me verrai pas boire en semaine comme ça.» Et même s’il y avait des soirées pendant la période du défi, les deux jeunes affirment qu’il serait possible pour eux de s’en passer.  

Mais quand on est si jeune, certaines limites ne semblent pas encore franchies. En tout cas c’est ce que Samuel précise : «Pour tout vous dire, je n’ai jamais bu au point d’être saoul.» 

«Je l’ai fait en janvier, car en février c’est trop facile» : Liliane, enseignante 

Le Défi 28 jours sans alcool ayant lieu sur janvier et février, certaines personnes ont déjà terminé l’expérience. C’est le cas de Liliane, enseignante et jeune maman. «Je l’ai déjà fait en janvier parce que je trouve ça hypocrite de le faire en février, vu que c’est le mois le plus court de l’année. Mais mieux vaut ça que rien», lance-t-elle avec humour.  

Mais alors, pourquoi faire cette pause annuelle? «À l’époque, c’est parce que j’étais tannée de consommer de l’alcool. Je voulais donc faire un petit nettoyage de mon corps.» Et avec un bébé de 14 mois à la maison, elle assure que c’est tout à fait possible de tenir un mois ou plus sans boire. 

«Bien entendu, une fois janvier terminé, j’ai ralenti l’alcool. Le but n’était pas de reprendre ma consommation habituelle. Après, il faut être franc, ce n’est pas en un mois qu’on voit une grosse différence. Par contre enceinte, oui. C’était plus long donc, moins de gonflement à cause de l’alcool.» 

À travers son activité professionnelle, Liliane aborde aussi la question de la boisson. Enseignante au Centre la Croisée à Repentigny, auprès d’un public adulte, elle confie : «Ça arrive qu’il y ait des problématiques de ce type chez nos étudiants, explique-t-elle. On essaie de les rencontrer afin de leur parler des bonnes habitudes de vie, car, en études, ce n’est pas forcément bien de se coucher tard ou encore de boire de l’alcool.»

«Au début, ça me manquait… mais maintenant, plus du tout» : Annie, enseignante au secondaire 

Annie, présente le jour de notre reportage à la même table que Liliane, n’a pas attendu le défi pour arrêter toute consommation d’alcool. «Ça fait presque deux ans que je ne bois plus d’alcool, car j’allaite mon bébé de 14 mois», explique l’enseignante au secondaire. 

 «Au début, ça me manquait, mais maintenant ce n’est plus du tout le cas. Je pense que c’est une habitude à prendre.» Dans son cas, un autre point a fortement pesé dans la balance : «Avec l’allaitement, je trouve ça trop compliqué de calculer si je bois l’alcool ou pas.» 

Comme enseignante, et à l’instar de Liliane, Annie observe aussi que le sujet revient souvent en classe, notamment avec les élèves plus âgés. «Les jeunes boivent de l’alcool, c’est un fait. En secondaire 5, vu qu’ils sont plus vieux… ça arrive qu’on en parle.» 

«Prendre une pause, c’est bon pour mon corps» : Louise, 67 ans, retraitée 

Toujours dans le centre d’achat, Louise, 67 ans et retraitée, est attablée avec ses copines de tricot. Quand nous proposons au groupe de discuter du Défi 28 jours sans alcool, les tricoteuses montrent directement Louise du doigt. Et pour cause, elle en est à sa troisième participation : «Je ne me sens pas fébrile à l’idée d’attaquer cette abstinence (rire), parce que j’ai pris cette décision-là il y a deux ans, puis ça a super bien été.» 

 «J’ai commencé sans raison particulière, mais je me dis que c’est bon pour moi, pour mon corps et mon cerveau.» Louise ne cache pas non plus la réalité de «l’après-défi». «C’est sûr qu’en cours d’année, je reviens aux mêmes habitudes, mais au tout début, je suis quand même un petit peu plus calme, car mon plaisir, c’est le vin.» 

Et même en voyage, elle s’accroche. «L’année passée, je suis partie avec ma famille à Walt Disney World… Je me suis dit non, non, non, je ne prendrai pas de boisson tant que je n’ai pas terminé mes 28 jours.» Elle a même tenté d’embarquer d’autres personnes avec elle. «J’ai déjà réussi à convaincre des gens de me suivre, mais je suis la seule qui ait réussi à le faire au complet.»  

Louise, 67 ans, retraitée

«Ça dépend si j’ai des soirées» : Olivier, 16 ans, étudiant au CFP des Riverains 

Pour Olivier, 16 ans, étudiant au CFP des Riverains, le Défi 28 jours sans alcool ne semble pas représenter un problème. «Bien sûr que je serai capable de ne pas boire pendant 28 jours», affirme-t-il tout en précisant que sa consommation n’est pas régulière et dépend surtout de ce qu’il a prévu pendant la fin de semaine. «Ça va dépendre s’il y a des soirées ou non. Ça peut arriver une à deux fois par mois.» Et s’il fallait arrêter dès le 1er février? «Pourquoi ne pas essayer…» 

«J’ai réalisé que ça devenait un réflexe» : Émilie, 25 ans, vendeuse dans une boutique  

Quand on a une vie sociale bien chargée, la tentation de l’alcool peut être forte. C’est en tout cas le constat que fait Émilie, 25 ans, vendeuse : «Je suis souvent en contact avec du monde et je fais pas mal de soupers en famille ou avec des amis.» 

Et c’est justement au cours d’une soirée qu’elle a commencé à se questionner. «Il y a un moment où je me suis rendu compte que je dépassais un peu la limite : deux ou trois drinks, puis ça devient vite un réflexe. C’était parfois fatigant et je ne trouvais plus de plaisir à boire.» 

Depuis, elle a fait un choix clair : réduire certains types de boissons. «J’ai vraiment diminué, surtout tout ce qui est alcool fort. Les cocktails, les shooters…» Pour autant, arrêter semble difficile. «J’aime encore prendre un verre de vin de temps en temps, car tout arrêter n’est pas facile.» 

Quant au Défi 28 jours sans alcool, cela l’intéresse, mais pas cette année. «Je trouve ça vraiment intéressant, mais cette année j’ai trop de choses prévues. Je pense essayer l’an prochain.» Pari tenu?