DPJ : Collaborer pour faire des enfants une priorité

  • Publié le 19 juin 2026 (Mis à jour le 19 juin 2026)
  • Lecture : 3 minutes
(Photo Médialo - archives)
(Photo Médialo – archives)

Le bilan annuel 2025-2026 de la DPJ a été déposé, le 11 juin, par les directeurs de la protection de la jeunesse et leurs homologues provinciaux (DPJ-DP). La campagne présente comme question « faisons-nous réellement des enfants une priorité dans nos choix de société? » Pour le représentant de la région, Eric Richard, ce thème a pour but d’entamer un processus réflexif collectif sur la façon de mieux répondre aux besoins des jeunes en amont.

Les DPJ-DP interviennent quotidiennement auprès d’enfants et de familles en situation de grande vulnérabilité. Au cours des dernières années, une complexification des situations et une augmentation importante des besoins ont été constatées, tant chez les jeunes que dans leur famille. Des données récentes témoignent de la fragilité de la santé mentale des jeunes. D’ailleurs, plus de la moitié des élèves présentent des signes d’anxiété sociale, une réalité qui influence leur bien-être et leur développement, mais aussi leur réussite scolaire.

Parallèlement, le réseau de la santé et des services sociaux ainsi que celui de l’éducation doivent composer avec d’importants défis de capacité et d’adaptation. Des prises en charge tardives amènent une détérioration des situations, nécessitant ultimement des suivis plus complexes de la part des intervenants des DPJ.

Bien que le contexte soit difficile, les DPJ-DP soutiennent qu’il est nécessaire de faire des enfants une priorité et que cela implique de revenir à l’essentiel. Ils proposent ainsi d’investir dans la réponse aux besoins de base comme l’alimentation, le logement et un revenu adéquat, en plus de consolider les services existants.

De plus, le thème de la campagne invite à une réflexion collective et à l’élaboration de partenariats avec les différents milieux ou ressources pour intervenir en prévention. De cette façon, des signalements pourraient être évités. « Parfois, nous allons agir à la suite d’un événement médiatique, donc en réaction à un drame », observe Eric Richard. « Lorsque nous nous demandons si les enfants sont encore notre priorité, ce n’est pas juste du côté de la DPJ, mais aussi du Centre de services scolaire et d’organismes communautaires. L’intervention ne doit pas se résumer à une rencontre, elle doit se faire en continu parce qu’il va toujours y avoir des facteurs externes qui vont changer les choses. »

Le directeur lanaudois de la protection de la jeunesse souligne que plusieurs acteurs peuvent agir en santé mentale, et ce, avant que la DPJ soit impliquée dans le processus. Il rappelle que le thème du bilan de l’année dernière misait déjà sur la création de collaborations avec différents partenaires : « C’était beaucoup axé sur l’importance d’ouvrir des portes et d’aller vers d’autres organismes pour mieux travailler ensemble ».

Il voit donc l’objectif du présent bilan comme une continuité dans ces efforts. « Dans Lanaudière, nous avons de beaux partenariats, alors nous devons faire en sorte que cette prise en charge ne soit pas juste une tendance ou une priorité de l’année, mais qu’elle perdure dans le temps. »

Statistiques régionales 2025-2026

Au cours de la dernière année, 11 818 signalements ont été traités sur le territoire de Lanaudière. Il s’agit d’une légère diminution par rapport à l’année précédente, où 11 909 signalements avaient été pris en charge. Eric Richard considère cette donnée comme encourageante : « Je vois une forme de stabilité au lieu d’un accroissement chaque année. Je trouve ça positif parce que c’est relié au fait que nos partenaires sont plus conscients des services qui existent en prévention. »

Parmi les signalements retenus, soit 3 163, les principales situations concernaient la négligence ou les risques de négligence (29,5 %), les abus physiques ou les risques sérieux d’abus physiques (25 %), ainsi que l’exposition à la violence conjugale (14,5 %).

En 2025-2026, 57,8 % des enfants suivis par la DPJ vivaient dans leur milieu familial, tandis que 18,1 % étaient hébergés dans une ressource de type familial.

Au total, 891 adolescents contrevenants ont reçu les services de la DPJ au regard de la Loi sur le système de justice pénale pour les adolescents, comparativement à 800 l’an dernier.

M. Richard relate que ces chiffres sont très similaires à ceux à l’échelle du Québec, que ce soit par rapport au nombre de signalements ou à leur provenance : « Ça annonce peut-être une mobilisation régionale qui fait en sorte que la porte d’entrée ne se fait plus par un signalement et que quelque chose est mis en place en amont. Les prochaines années pourront nous le confirmer. »

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