Revenir à la catégorie
Plein air et aventures
Style de vie

Abbaye Val-Notre-Dame : quand le silence attire les visiteurs

Photo Katia Cioce - Médialo
Photo Katia Cioce – Médialo

Face à un quotidien de plus en plus anxiogène rythmé par des journées entre travail, stress et nouvelles peu réjouissantes du monde, certains font le choix du calme et du silence. À Saint-Jean-de-Matha, l’Abbaye Val-Notre-Dame accueille chaque année de nombreux voyageurs en quête d’un tourisme peu commun.

S’il y a bien une industrie qui évolue rapidement et surprend par son ingéniosité, c’est bien le tourisme. Pourtant, dans cette recherche permanente de nouveautés, certains se distinguent justement par leur capacité à offrir un cadre de voyage plus tourné vers le calme intérieur et la reconnexion à soi-même. En effet, depuis des décennies, le tourisme spirituel et les retraites au sein de communautés religieuses font de plus en plus d’émules. C’est le cas dans notre région à l’Abbaye Val-Notre-Dame. 

Une notoriété qui dépasse les frontières 

Et pour cause, depuis sa création en 2009, le monastère accueille des touristes de passage, mais aussi des retraitants venus du Québec et de l’étranger pour séjourner quelques jours dans un environnement propice à la réflexion et surtout au repos. 

« Nous accueillons certes beaucoup de Québécois pour la messe et les retraites, mais aussi de nombreux Européens de France, Belgique et Suisse », explique le frère Yvon-Joseph Moreau, moine trappiste depuis 42 ans. Il faut dire que l’intérêt n’a jamais perdu de sa vigueur. « Dès que nous avons commencé à parler de ce projet de construction, cela a suscité beaucoup d’intérêt. Je me souviens d’un auteur belge, tombé en amour pour le lieu, qui a vraiment contribué à faire connaître l’abbaye en Europe à travers ses ouvrages. » La chaîne de télévision française catholique KTO a également consacré un documentaire de près d’une heure au monastère. 

Yvon-Joseph Moreau. Photo Katia Cioce – Médialo

Bien plus qu’une démarche religieuse 

Mais si les visiteurs apprécient passer du temps à l’abbaye, c’est aussi parce que l’intérêt pour ce type de séjour dépasse les questions de religion. « À un moment donné, on réalise qu’on a soif de silence », résume frère Yvon-Joseph. Cette recherche d’introspection peut toucher des personnes seules, des couples, voire des groupes ayant un intérêt commun (lutte contre l’alcoolisme par exemple). 

« Je me souviens d’un jeune homme venu passer une fin de semaine au monastère et qui m’a confié une phrase qui est restée gravée en moi : « Je ne pensais pas que le silence avait tant de choses à me dire ». » 

Photo Katia Cioce – Médialo

Alors, contrairement à ce que l’on pourrait croire de prime abord, le tourisme spirituel ne s’adresse pas uniquement aux croyants. « On peut faire une retraite ici sans être très religieux. Nous avons bien entendu une majorité de catholiques et de chrétiens, mais aussi parfois des hindous, des musulmans ainsi que des personnes qui ne se réclament d’aucune religion », souligne le moine, qui constate qu’au-delà des religions, la recherche d’une expérience unique rapproche les visiteurs. 

« Les personnes qui ne se réclament d’aucune religion ont tout de même une envie de spirituel. Elles veulent venir dans un lieu pour profiter à la fois du silence et des espaces extérieurs pour communier avec la nature », explique le frère Yvon-Joseph.

  • Découvrez ce qu’il se cache derrière les murs de l’Abbaye et visitez ce lieu spirituel dans cette vidéo! 

Revenir à soi en pleine nature 

Cette connexion avec l’environnement du monastère fait d’ailleurs partie des principales motivations des visiteurs. « L’été comme l’hiver, beaucoup veulent profiter des espaces naturels entourant l’abbaye. » La communauté a d’ailleurs choisi de laisser la liberté de choix à ses visiteurs. « Les retraitants peuvent participer aux offices religieux, mais rien n’est obligatoire. Chacun vit sa retraite comme il le désire selon ce qu’il recherche. » 

Un choix qui permet aux visiteurs, qu’ils soient là pour une journée ou pour une semaine, d’assister aux offices religieux ou encore de passer de longues heures à marcher sur les sentiers ou juste d’admirer le paysage époustouflant de Lanaudière et même des Laurentides. « Chacun organise sa vie comme il veut et il est même possible, pour ceux qui le veulent, de rencontrer un moine pour échanger », résume Yvon-Joseph Moreau. 

Photo Katia Cioce – Médialo

Un tourisme qui ne cherche pas la publicité 

Si l’abbaye bénéficie aujourd’hui d’une belle réputation, la communauté ne cherche pourtant pas à multiplier les demandes de réservation. Avec un nombre de chambres volontairement limité à 14, l’abbaye cherche à privilégier la qualité à la quantité afin de « préserver l’esprit du lieu et la qualité de l’accueil ». 

La demande est d’ailleurs déjà bien supérieure aux capacités disponibles, un constat qui réjouit le frère Yvon-Joseph, toutefois prudent : « Le délai d’attente actuel pour faire une retraite est d’environ huit mois. Et nous ne pouvons pas en accueillir davantage, car nous ne sommes plus assez nombreux ni assez jeunes pour assurer tout ce que cela implique. » 

Alors si vous êtes intéressé par ce type de retraite, demandez-vous en priorité ce qui vous pousse à vous lancer et armez-vous de patience car, dans ce lieu éminemment spirituel, les places sont limitées. 

Une abbaye conçue pour le XXIe siècle 

Construite entre 2007 et 2009, l’Abbaye Val-Notre-Dame est peut-être le dernier monastère qui verra le jour au Québec. C’est sans doute la raison pour laquelle de nombreuses firmes d’architectes (une soixantaine) ont participé au concours lancé par la communauté. 

Pour cette construction historique, les anciens moines d’Oka souhaitaient « un bâtiment contemporain, intégré à son environnement, lumineux et réalisé avec des matériaux québécois ». Finalement, le projet retenu fut celui de l’architecte Pierre Thibault, qui souhaitait donner l’impression que le monastère avait toujours fait partie du paysage tout en contribuant à sa beauté. 

Le merisier, l’épinette noire, le cèdre et l’ardoise utilisés pour bâtir l’abbaye proviennent de différentes régions du Québec. L’édifice est également chauffé grâce à un système de géothermie. 

Pour le frère Yvon-Joseph Moreau, le résultat reflète d’ailleurs la vision d’origine : « un monastère moderne, enraciné dans son territoire et ouvert sur la nature ». 

À la découverte des saveurs de l’abbaye 

Si plusieurs visiteurs viennent à l’Abbaye Val-Notre-Dame pour la prière, une simple visite ou une retraite spirituelle, d’autres, plus gourmands, se déplacent tout spécialement pour sa boutique située à environ un kilomètre du monastère. 

Parmi les incontournables figurent le gâteau aux fruits, considéré comme l’un des produits phares de l’abbaye, ainsi que les petits gâteaux aux fruits enrobés de chocolat noir, très appréciés des visiteurs. Les moines fabriquent également différentes variétés de caramel ou encore des sirops. 

La forêt qui entoure l’abbaye inspire d’ailleurs aussi plusieurs créations. Selon les récoltes, la boutique propose notamment des têtes de violon, des champignons sauvages, des boutons de marguerite ou encore des sirops de sapin. Sans oublier une sélection de chocolats artisanaux dont certains sont fabriqués à partir des produits récoltés en forêt. 

Photo Katia Cioce – Médialo

Plus d’informations sur : abbayevalnotredame.ca 

Articles les plus consultés

Photo Adobe Stock
Automobile
Style de vie

Voitures anciennes : une passion qui traverse les générations

Derrière le volant de ces véhicules de plus de 25 ans se cachent des passionnés qui entretiennent précieusement ces trésors mécaniques.
Photo Matthew Manor - NASCAR
Automobile
Style de vie

Jean-Philippe Bergeron : l’adrénaline de la course automobile

Le pilote de 27 ans a maintenant atteint la série NASCAR Canada, tout en ayant sa propre entreprise.
Photo gracieuseté
Style de vie

Stellantis, Wayve et Uber s’allient pour développer des robotaxis autonomes