La solidarité féminine pour repousser ses limites

Joëlle Bossé lors de son expédition en Argentine. (Photo gracieuseté)
Joëlle Bossé lors de son expédition en Argentine. (Photo gracieuseté)

Joëlle Bossé, résidente de Joliette, vient d’accomplir tout un exploit alors qu’elle a réalisé l’ascension de l’Aconcagua aux côtés de sept autres femmes et a atteint la hauteur de 6 200 mètres lors de sa toute première expédition en altitude. 

La Lanaudoise a toujours été active. Après avoir fait du patinage de vitesse dans son enfance, Joëlle Bossé a été de la première génération des Libellules, l’équipe de volleyball de l’école secondaire Thérèse-Martin. « Ce fut mon premier contact avec le sport collectif au féminin », témoigne-t-elle en entrevue avec L’Action. 

Au cours des années, celle qui a grandi à Crabtree a donné naissance à deux entreprises en aménagement paysager. Si elle rêvait de se démarquer en tant qu’athlète, le fait d’être une entrepreneure a toutefois grandement réduit ses temps libres. Malgré tout, le plein air et les voyages ont toujours occupé une place dans sa vie et ses loisirs. Elle souligne aussi que le conditionnement physique l’a aidée à passer à travers certaines périodes plus difficiles de sa vie. 

En 2021, Joëlle Bossé a vendu son entreprise. Même si elle continue d’accepter de petits contrats, l’heure de la retraite lui a permis de se projeter dans de nouveaux projets, dont l’ascension de l’Aconcagua. Un rêve qu’elle nourrissait depuis que deux de ses employés lui avaient raconté leur expédition en Argentine. 

Une rencontre déterminante 

Joëlle Bossé a appris l’existence de l’organisme les Chèvres de Montagne par le biais d’une amie. Cette communauté de femmes organise des événements dans le but de faciliter l’accès à différentes activités de plein air dans le plaisir, que ce soit de la randonnée, de la course en sentier, du canot-camping, du vélo de montagne, de la voile, de l’escalade ou de l’alpinisme. « J’avais envie de planifier des activités, mais je ne savais pas par où commencer et à 63 ans, je ne savais pas non plus ce que j’étais réellement capable de faire. » 

Elle a d’abord pris part à une journée de pêche au saumon avec le groupe et elle a eu la piqûre. « Nous étions des femmes de tous les âges qui étaient toutes là pour les mêmes raisons. Il n’y avait pas de stress, pas de pression de performance. » Elle a ensuite participé à un voyage dans l’Ouest canadien, notamment pour s’initier au camping.  

Sa rencontre avec la guide Renée-Claude Bastien a aussi convaincu Joëlle Bossé que si quelqu’un pouvait lui permettre de réaliser son rêve de monter l’Aconcagua, c’était elle. 

Joëlle Bossé a raconté son ascension de l’Aconcagua. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

 

La démesure de l’ascension 

L’expédition s’est déroulée du 20 décembre 2025 au 9 janvier 2026 et a rassemblé six participantes et deux guides. « On nous a dit que nous étions le premier groupe 100 % féminin à tenter l’ascension! » 

Afin de se préparer à sa première expédition à vie en altitude, Joëlle Bossé a réalisé des formations avec les Chèvres de Montagne, dont du camping d’hiver, et a fait appel à une entraîneure de Joliette qui lui a élaboré un plan de préparation physique. « Il y a le fait de marcher tout en transportant 40 livres, de s’habituer à notre équipement. Il faut aussi apprendre le pas alpin et se préparer à vivre des températures qui vont de 30 à – 20 degrés. » 

L’ascension de l’Aconcagua (6 962 m), qui est le plus haut sommet de l’Argentine, est une expédition exigeante. « Il n’y a pas d’alpinisme. Nous avions seulement des crampons et nos bâtons de marche. Mais le défi, c’est de s’acclimater à l’altitude. Marcher à cette hauteur, c’est très différent. » 

C’est le 4 janvier, à 4 h du matin, alors qu’il faisait – 20 degrés, que le groupe a pris la route pour tenter l’ascension du sommet. « La montée a été difficile pour moi, raconte Joëlle Bossé. J’avais une main et un pied gelés au point où je n’arrivais pas à penser à d’autres choses. Ma charge mentale était à son maximum. J’ai fini par perdre le rythme et à être déséquilibrée. Me repositionner m’aurait demandé trop d’énergie. » 

La Lanaudoise a donc atteint le point de vue impressionnant de 6 200 mètres, avant de redescendre. Mais elle avoue que sur le coup, la déception l’a empêchée de bien savourer le moment.  « Après 3-4 jours, j’étais encore en train de me demander comment j’aurais pu faire différent. Mais pour faire l’ascension finale, il y a une fenêtre temporelle très précise. Aussi, je n’aurais jamais voulu hypothéquer le groupe. C’était mon premier contact avec le froid et le camping. Sur la montagne, tout est démesuré. Tout devient une épreuve, que ce soit manger, dormir ou marcher. On est toujours essoufflé. Mais maintenant, je pourrais me dire : tu n’es pas en train de mourir! » 

Joëlle Bossé en témoigne aujourd’hui : « Ce fut tellement une belle expérience! Je sais maintenant que je suis en forme et que je suis capable. » 

Elle projette de réaliser deux autres expéditions au cours des prochains mois, au Népal et au Pérou, toujours avec les Chèvres de Montagne. L’ascension de l’Aconcagua lui a tout simplement donné envie de continuer à repousser ses limites. « C’est vraiment une belle sororité avec une magnifique solidarité. Ça permet de partager ces moments uniques avec des gens et à mon âge, il y a l’aspect de la sécurité auquel je pense davantage! Lors de l’expédition en Argentine, je ne me suis jamais sentie seule. » 

Joëlle Bossé lors de son expédition en Argentine en compagnie des Chèvres de Montagne. (Photo gracieuseté)

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