L’importante mission d’accompagner les femmes élues 

Valérie Doyon est élue au conseil municipal de Terrebonne et présidente du Réseau des femmes élues de Lanaudière.  Photo Médialo - Raphaël Isselet.
Valérie Doyon est élue au conseil municipal de Terrebonne et présidente du Réseau des femmes élues de Lanaudière.  Photo Médialo – Raphaël Isselet.

Organisme à but non lucratif fondé en 2013, le Réseau des femmes élues de Lanaudière veut aider les femmes qui sont ou veulent se lancer en politique. 

Valérie Doyon, conseillère municipale à Terrebonne, est la présidente de l’OBNL depuis novembre 2025. Avant les élections municipales de l’année dernière, la thématique poussée par la structure était « La politique, c’est trippant ». L’objectif de cette campagne était d’attirer les femmes en politique. « Le discours médiatique en ce moment est un peu négatif, avec raison parce qu’il s’est passé beaucoup de choses déplorables envers les élus. Donc on voulait montrer le beau côté des choses, qu’il est possible de faire changer les choses », explique Valérie Doyon.  

 

Accompagner les femmes 

« Nous, on n’est vraiment pas partisanes. On encourage, peu importe où tu es, l’important, c’est que tu t’impliques », insiste Mme Doyon. Car l’enjeu premier de l’OBNL, c’est bien d’amener plus de femmes à s’impliquer en politique.  

En 2025, le Réseau des femmes élues de Lanaudière s’est ainsi concentré sur les agressions, notamment verbales, subies par les femmes en politique. Pour cela, elles ont créé une charte contre l’intimidation qui a ensuite été présenté dans les MRC et les municipalités qui le souhaitent. La création de ce document a permis d’avoir un support pour parler des bons comportements à adopter, puis de s’engager à avoir un discours et des relations saines et sécuritaires.  

 « Mais notre but, ce n’était pas non plus d’aller faire la morale ou d’aller commencer à faire de la gestion de conflits. On n’était vraiment pas là pour ça. On était plus pour dire, on a été plusieurs femmes à travailler sur ça, si vous avez envie d’embarquer là-dedans? Est-ce que vous êtes d’accord avec ça ? Est-ce que vous vous engagez avant les élections, entre autres, à agir de cette façon-là ? À faire attention dans nos discussions, dans nos débats, que ça reste simple, que ça reste démocratique », explique-t-elle. 

Mais le Réseau veut aussi que les femmes restent en politique. « C’est beau de les attirer, mais on ne veut pas qu’ils démissionnent, comme ça a pu se passer, au bout de deux ans, parce qu’elles sont à bout de souffle », raconte la présidente du Réseau. Pour lutter contre ce phénomène, un système de mentorat est mis en place : une femme qui a envie de se présenter, qui veut savoir ou se rassurer peut-être mise en contact avec une de la structure. « On va pouvoir trouver quelqu’un selon son profil pour pouvoir discuter avec elle. Comme une marraine pour échanger. Les profils d’ex-élues par exemple, c’est parfait pour du mentorat. » 

Accueillir tout le monde 

Le Réseau des femmes élues est, comme son nom l’indique, tourné en priorité vers les femmes élues. Mais cela ne veut pas dire que c’est le seul public avec lequel la structure interagit. « Des hommes nous ont posé beaucoup de questions par rapport à ça, parce qu’ils vivaient des choses difficiles aussi, donc tant mieux », raconte Valérie Doyon. 

Et la présidente aimerait aller encore plus loin : « on aimerait diversifier un peu les membres qu’on a, pas juste des élues au municipal, mais des conseils d’administration, des écoles, de commissions scolaires, de syndicats. On aimerait ça une plus grande diversité ». 

Pour Valérie Doyon, l’expérience est aussi personnelle, puisque c’est par l’intermédiaire du Réseau qu’elle a solidifié sa volonté de se lancer en politique. « J’ai commencé avec le Réseau avant d’annoncer que je me présentais, donc, ça fait cinq ou six ans. J’en avais entendu parler sur Facebook. J’ai vu ça et je me suis dit que c’était intéressant, je pourrais rencontrer d’autres femmes qui veulent se présenter », raconte l’élue de Terrebonne. 

« Ils donnaient une formation avec le groupe Femmes et politiques sur l’éthique. Et à ce moment-là, j’avais rencontré des femmes qui s’impliquaient dans le réseau. À l’époque, à cause de la COVID-19, on était en distance, donc, on se faisait des petits 5 à 7 devant notre ordinateur à discuter de nos craintes, de ce qu’on aimerait changer. Et je suis tombée en amour avec ces femmes-là. C’était toutes des femmes super intéressantes qui avaient de belles expériences. Puis, je me suis promis que si j’étais élue, je voudrais m’impliquer dans le conseil d’administration », conclut-elle. 

Les femmes sont-elles plus présentes en politique ? 

Alors que les dernières élections municipales ont eu lieu en novembre dernier, on peut se demander si la proportion de femmes dans le personnel politique augmente ou non.  

Entre 2015 et 2025, lors des élections municipales, la proportion globale de femmes élues a progressé, passant de 24,8% en 2005, 32,4% en 2017 jusqu’à 37,9% en 2025. Cette augmentation est valable pour les postes de conseillères municipales, de 34,5% en 2017 à 39,8% en 2025, et les mairesses, de 18,9% en 2017 jusqu’à 26% en 2025.  

À Lanaudière, cette augmentation de la présence des femmes au sein des conseils élus est aussi réelle, mais plus limitée. Ainsi, en 2013, les mairesses représentaient 13,8% des mairies de Lanaudière contre 22,4% en 2025. Soit 4 points de pourcentage qu’au niveau national.  

Dans le même ordre d’idées, on peut observer que le nombre de candidatures féminines est en très légère augmentation au Québec. Le taux de candidatures féminines est ainsi passé de 35,5% en 2021 à 36,1% en 2025. On doit néanmoins noter que dans certaines villes, les candidatures féminines ont en réalité légèrement baissé.  

 

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