Santé mentale : le Vaisseau d’Or appelle à revoir notre approche

  • Publié le 28 sept. 2026 (Mis à jour le 28 sept. 2026)
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(Photo gracieuseté - Vaisseau d'Or)
(Photo gracieuseté – Vaisseau d’Or)

Lisette Dormoy, directrice générale du Vaisseau d’Or à Terrebonne, a observé que le taux de diagnostics donnés pour un trouble d’anxiété généralisé (TAG) ces dernières années a fait un bond de 75 % chez les personnes fréquentant l’organisme. Ce problème, selon elle, peut se régler si les pistes de solutions ne tournent pas qu’autour des médicaments.

Le Vaisseau d’Or, un organisme à but non lucratif (OBNL) incorporé axé sur le soutien en santé mentale, existe depuis 1988. Son objectif est de briser l’isolement, permettre aux gens de se réapproprier du pouvoir sur leur vie, apporter du soutien lorsque la situation sociale, familiale ou économique est sujette à entraîner un problème de santé mentale, etc.

L’effet pandémique

Mme Dormoy soulève que les besoins en santé mentale sont de plus en plus visibles depuis la pandémie de la COVID-19. Au Québec, le pourcentage de la population ayant des symptômes pouvant s’associer avec un , ou ayant reçu un diagnostic lié aux troubles anxieux, se situerait autour de 15 % depuis le début de la pandémie. Mme Dormoy croit que la vie d’aujourd’hui est un gros facteur expliquant cette hausse. Plusieurs personnes qui fréquentaient, ou fréquentent encore, le Vaisseau d’Or, font face à différents enjeux qui sont davantage difficiles à affronter de nos jours, selon la directrice générale.

« Je pense que la pandémie a été un gros facteur accélérant, a-t-elle dit. Aussi, je pense que dans la société dans laquelle on vit actuellement, plusieurs choses que nous avions mis en place autrefois s’effritent dans notre filet social. Vous n’avez qu’à penser au prix de l’épicerie, ou encore quelqu’un qui travaille 40 heures par semaine et perd plus de la moitié de sa paye pour avoir un toit. »

Une solution à travailler

Le stress et l’anxiété qu’engendrent ce mode de vie ne sont pas totalement traités de la bonne manière selon Mme Dormoy, qui croit que la société se fie trop aux médicaments. Celle-ci explique que parfois, quelqu’un peut simplement avoir besoin d’une thérapie, ou encore de ressources.

« En ce moment, la société offre des anxiolytiques comme réponse, nous a-t-elle mentionné. Je crois qu’il faut arrêter d’automatiquement associer la santé mentale avec la logique médicale. Il faut assumer que la santé mentale, c’est aussi un problème de société plus grand, plus vaste. Il faut offrir d’autres réponses qu’un médicament. »

Celle qui est aussi présidente du Regroupement des organismes communautaires et alternatifs en santé mentale de Lanaudière ajoute que si une personne reçoit une prescription pour un médicament, elle aura normalement besoin d’un suivi. Ainsi d’autres enjeux, comme l’accès difficile à un médecin de famille, au développement de logements abordables ou encore à plus d’aide financière pour le milieu communautaire doivent recevoir plus d’attention selon elle.

« Dans certains cas, toutes sortes de thérapies pourraient être offertes à des personnes et cela les amènerait même à ne plus avoir besoin d’anxiolytiques, a indiqué Mme Dormoy. Toutefois, ces personnes n’ont pas accès à un professionnel ou sont sur des listes d’attente, ce genre de choses. »

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