Journaliste, animateur et conférencier, Georges Pothier présente et anime les bulletins de nouvelles tous les matins à «Salut! Bonjour». Il a également été président du jury au 30e gala du «Reflet économique de la MRC Les Moulins».
J’avais commencé à faire de la radio pendant mes études au cégep de Matane et j’ai eu la piqûre. J’avais 18 ans et on m’offrait un emploi permanent à la station CHNC en Gaspésie, ma région. J’ai sauté sur l’occasion et je ne l’ai jamais regretté. J’imagine que c’est parce que je n’avais pas tant que ça la passion de la médecine.
Dès qu’on y touche, c’est comme une drogue. Il y a le plaisir de l’échange, le sentiment de toucher, de rejoindre les gens directement et même, intimement (surtout à la radio). Les médias changent et s’adaptent, mais l’humain a toujours besoin de communiquer.
Sans hésiter, le plus pénible événement demeure les attentats du 11 septembre 2001. J’étais en direct à LCN ce matin-là, je terminais mon quart de travail quand un premier avion a heurté une tour. Pendant quelques minutes, on a cru à un accident. Mais quand le deuxième avion a percuté l’autre tour, nous avons instantanément compris que le monde, notre monde, venait de changer. Parmi les nouvelles positives, je dirais l’élection de Barack Obama en 2008, avec tous les espoirs qu’elle créait. Au plan économique, la crise financière de 2008-2009 et la chute immense des marchés, puis le spectaculaire rétablissement qui a suivi, représentent pour moi l’événement le plus marquant. Une mauvaise nouvelle suivie d’une bonne dans le fond!
Non, quand on fait le métier de présentateur de nouvelles, on développe une sorte de carapace qui nous garde concentrés sur le moment présent.
C’est autre chose sur le terrain, où on vit l’événement de plus près, mais en studio, il n’y a pas de problème.
La télé en général demande une plus grande adaptation. Il faut se soucier des cadrages et mouvements de caméra, des vêtements qu’on porte, de la coiffure et du maquillage. C’est très lourd au début, mais on finit par l’intégrer et on redevient naturels. C’est essentiel d’être soi-même, sinon ça ne fonctionne pas. C’est encore plus vrai à «Salut! Bonjour», parce qu’on entre dans le quotidien des gens dès leur réveil. On a intérêt à ne pas les irriter!
Il y a différentes écoles de pensée. Personnellement, je crois de plus en plus qu’on doit utiliser son jugement avant de montrer certaines images. Il ne faut pas trahir la nouvelle, mais il y a moyen de l’encadrer, de la présenter en ayant toujours en tête le respect des gens concernés et des téléspectateurs. Quant aux propos, on n’a pas le choix d’être prudents aussi. Il faut être certains de ce qu’on affirme.
Avec stupeur et colère comme tous mes collègues. La protection de la confidentialité des sources est essentielle à l’exercice de notre profession et à la qualité de l’information. Si on ne peut la garantir, personne n’osera plus sonner l’alerte sur des scandales qui resteront cachés.
Il y en a eu plusieurs. Spontanément, je peux citer Pierre Salinger, grand ami de John et Robert Kennedy et porte-parole de la Maison-Blanche de 1961 à 1964. Je l’ai interviewé à LCN lors d’une de ses dernières visites au Québec. Excellent conteur et francophile (sa mère était française), il a vécu l’ère Kennedy qui a changé les États-Unis. Plus récemment, j’ai eu l’occasion de recevoir le légendaire interviewer américain Larry King. Impressionnant aussi.
Lire constamment et sur tous les sujets. Développer sa culture personnelle. S’intéresser pleinement au monde qui nous entoure. Développer sa propre personnalité médiatique sans se trahir. Travailler fort et avec passion!
Pour le Québec en particulier, trouver une façon de combler le fossé démographique, c’est-à-dire remplacer le plus possible tous les travailleurs qui vont prendre leur retraite par d’autres. Sinon, on va se retrouver avec plus de retraités que de travailleurs, l’économie va décliner et on ne pourra pas percevoir assez de taxes et d’impôts pour continuer d’offrir tous les services que les citoyens réclament. Il y a aussi la délicate question de l’équilibre entre l’ouverture aux marchés internationaux et la protection des emplois chez nous. Présentement, le réflexe protectionniste est très fort (pensons à l’élection de Trump). Beaucoup de gens ont perdu de bons emplois depuis 10 ans. Il faut trouver une solution juste pour tout le monde.