L’ascension fulgurante d’un humoriste de Saint-Roch-de-l’Achigan

  • Publié le 21 juin 2026 (Mis à jour le 21 juin 2026)
  • Lecture : 3 minutes
Julien Leclerc s'est fait connaître durant les séries du Canadien. (Photo gracieuseté)
Julien Leclerc s’est fait connaître durant les séries du Canadien. (Photo gracieuseté)

Julien Leclerc a fait sensation sur Instagram ce printemps en transformant son salon en scène nationale. Grâce à ses vidéos verticales virales sur le Canadiens de Montréal et de la Victoire, l’humoriste de la relève a vu son nombre d’abonnés exploser. Le jeune homme originaire de Saint-Roch-de-l’Achigan, a su créer sa propre marque de commerce pour conquérir le cœur des Québécois. 

Benjamin Brassard, collaboration spéciale 

Ce sont 13 000 nouveaux abonnés en l’espace d’un mois pour Julien Leclerc. Ces statistiques ne sont pas le fruit pas du hasard, mais d’un mélange d’opportunisme créatif et d’une grande discipline. Pendant que la métropole vibrait au rythme des séries éliminatoires, le jeune humoriste s’imposait un rythme de production très chargé. 

« Je prenais des notes pendant le match. Quand il se terminait, je faisais une sélection des blagues que j’avais écrites puis je me filmais. Souvent il était minuit et je n’avais même pas commencé le montage », explique-t-il en entrevue. Ce processus l’amenait souvent à monter ses vidéos jusqu’à 4 heures du matin pour assurer une mise en ligne quelques heures plus tard, alors qu’il était lui-même en tournée avec l’École nationale de l’humour (ÉNH). 

Julien se souvient d’avoir filmé dans des conditions assez périlleuses. Il utilisait des boîtes empilées comme trépied improvisé ou encore, il filmait dans le hall d’entrée des auberges de jeunesse aux petites heures du matin. Cette authenticité a créé un lien immédiat avec le public.  

« Grâce aux recaps sur le Canadien et de la Victoire, j’ai passé de 6000 à 19 000 abonnés sur Instagram. Je ne pensais pas que ça allait exploser comme ça. Avant de faire ces vidéos, je faisais rarement au-dessus des 100 000 vues, pendant les séries, elles tournaient toujours autour des 200 000. C’est sûr que ce n’était pas le même contenu que j’avais l’habitude de partager, mais c’était beaucoup de travail. Je suis bien content du résultat », raconte-t-il. 

Un parcours ancré dans le jeu et la scène 

Bien que sa popularité récente soit liée aux réseaux sociaux, Julien Leclerc n’est pas un nouveau venu dans le monde du spectacle. Né à Saint-Roch-de-l’Achigan, il a fait ses premiers pas dans l’acting dès l’âge de 12 ans. On peut encore le voir aujourd’hui à la télévision à travers des publicités. C’est au Cégep, grâce à l’improvisation, qu’il a eu le coup de foudre pour l’humour. 

Son parcours l’a naturellement mené vers l’École nationale de l’humour, où il a passé les sélections. C’est une étape qu’il juge cruciale : « Être sélectionné parmi des centaines de candidats a été une bonne tape dans le dos. C’est à ce moment-là que j’ai compris que j’avais un réel potentiel dans ce milieu », avoue-t-il. Pendant deux ans, il y a appris les bases du métier : de l’écriture humoristique à la gestion de carrière, en passant par des cours de voix et d’interprétation. 

Cette formation lui a permis de comprendre que l’humour est une « montagne russe » émotionnelle. « Quand tu commences en humour, c’est vraiment un mélange d’émotions. Un jour tu te sens au sommet de ton art puis là, deux jours après, tu redescends au plus bas parce que tu t’es planté sur scène », confie-t-il au sujet de ses premières expériences en open mic. 

Entre réseaux sociaux et le rêve du One-Man Show 

Aujourd’hui, Julien Leclerc se considère davantage comme un humoriste que comme un comédien, mais il souhaite continuer à explorer les deux avenues en parallèle. Pour lui, les vidéos verticales sont une forme de « porte de découvrabilité » qui permet au public de voir son talent tout en étant à la maison. 

Malgré le succès numérique, son objectif demeure la scène traditionnelle. « Le but ultime de tout ça, c’est d’avoir mon one-man show, de partir en tournée et de vivre de mon humour », affirme-t-il. Actuellement, il travaille sur son propre matériel, mais il reconnaît qu’écrire une heure complète de spectacle est un long processus qui risque de lui prendre encore quelques années. 

La passion au cœur du métier  

En attendant ce premier spectacle solo, il se met en scène avec « Les Cornets », un groupe formé avec trois amis de sa cohorte de l’ÉNH. Ensemble, ils présentent un format de 4 fois 15 minutes et ils se produisent à Montréal, à Québec, ainsi que dans la région de Charlevoix. 

Julien Leclerc incarne cette nouvelle génération d’humoristes polyvalents qui tentent de maîtriser autant l’algorithme des réseaux sociaux que l’art de livrer des blagues devant un public. Selon lui, il n’y pas vraiment de recette magique, il faut suivre sa passion et rester authentique.  

« Ce que j’aime et je pense que c’est un des privilèges de ce métier-là c’est que tu dois toujours suivre ta passion et tes rêves pour réussir. Avec les réseaux sociaux, tu ne sais jamais quand est-ce que tu peux devenir viral. C’est vraiment une belle porte d’entrée pour nous », conclut-il. 

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