Ne pas construire à tout va

  • Publié le 24 juin 2026 (Mis à jour le 26 juin 2026)
  • Lecture : 2 minutes
Le maire de Saint-Roch-de-l'Achigan, Sébastien Marcil. Photo Médialo-Raphaël Isselet
Le maire de Saint-Roch-de-l’Achigan, Sébastien Marcil. Photo Médialo-Raphaël Isselet

La première chose que Sébastien Marcil, le maire de Saint-Roch-de-l’Achigan, peut dire c’est que la fièvre de la construction touche aussi sa municipalité. « Avant, on courait après le développement. Aujourd’hui, la rareté des terres fait en sorte que c’est le développement qui nous court après », explique-t-il.  

Pour l’édile, ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle : cela permet notamment aux Villes de négocier la façon dont les constructions nouvelles peuvent se faire. Mais en gardant à l’esprit que les limites de la municipalité sont immuables. « À Saint-Roch-de-l’Achigan, il y a une frontière qui débute quelque part où Mascouche se termine, à L’Assomption, à Saint-Lin–Laurentides. Donc il faut choisir. Ça ne veut pas dire d’être contre le développement nécessairement, mais ça veut dire de le faire en adéquation avec nos valeurs et ce qu’on souhaite préserver » présente Sébastien Marcil.  

Préserver l’âme du village 

En l’occurrence, dans cette ville d’environ 5 500 habitants, le caractère agricole du territoire est non négociable. « Nous développons, mais en faisant en sorte de préserver notre mission agricole. La bonne nouvelle, c’est que l’urbanisme et l’aménagement sont plus créatifs que jamais », présente l’élu.  

Face aux promoteurs, les municipalités peuvent exiger des aménagements pour les projets. « On veut des projets où il y a plus de verdure, des arbres, où on crée des milieux accueillants, des milieux agréables, précise le maire. On ne veut pas avoir moins de verdure qu’il y en avait ».  

Mais outre les espaces verts, la municipalité va, par exemple, demander l’implantation de bornes de recharge électriques, ou encore des jardins communautaires dans certains projets.  

Une évolution démographique acceptée

À l’heure actuelle, le maire de Saint-Roch-de-l’Achigan ne relève pas d’opposition des contribuables de la Ville. « Je pense que tout le monde accepte qu’il y ait du développement, mais c’est la façon dont on le fait qui est importante. La préoccupation première des gens qui me parlent, c’est de garder notre ruralité. Saint-Roch-de-l’Achigan n’est pas Blainville, n’est pas Mascouche, n’est pas Laval et ne le sera jamais ».  

Pour cela, le développement futur devra forcément limiter sa consommation de terres. « Pour préserver nos terres agricoles, on peut bâtir sur les terrains restants et on peut bâtir en hauteur. On va densifier sans faire d’étalement urbain », conclut Sébastien Marcil.  

Les infrastructures doivent suivre 

Une limite évidente au développement est le poids supplémentaire des nouvelles constructions sur les infrastructures municipales. « Par-dessus tout ce que je vous ai mentionné, il y a une chape, il y a un élément fondamental et essentiel, c’est la capacité des infrastructures. Et notre municipalité, comme beaucoup d’autres, doit faire une mise à jour. On doit rattraper du retard depuis beaucoup d’années, en matière d’infrastructures », rapporte le maire.  

Et à Saint-Roch-de-l’Achigan, la station d’épuration est d’ores et déjà à 100 % de sa capacité. « On travaille sur le sujet de la nouvelle station d’épuration toutes les semaines. On sait que ça ne se fera pas demain matin. Notre but, c’est de s’assurer que le développement se fasse correctement pour les années à venir. On n’a plus le choix »,  

La mise en service de la station est espérée dans les trois ans, pour un budget autour de 20 millions de dollars. 

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