Jennifer Jault, héroïne en mission

Jennifer Jault démontre comment utiliser le défibrillateur. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc 
Jennifer Jault démontre comment utiliser le défibrillateur. Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc 

Jennifer Jault se donne comme mission d’équiper une quinzaine de salles de billards de défibrillateurs sur la Rive-Nord et la Rive-Sud de Montréal. Ce geste altruiste va sans doute sauver des vies, puisque l’utilisation de cet appareil lors d’un arrêt cardiovasculaire double les chances de survie. Pour la Terrebonnienne, cet engagement trouve sa source en 2025.  

En juillet 2025, Luc Bordonado est pris de convulsions lors d’une partie de billard au Shebaz, à Repentigny. Paramédic de jour et joueuse de billard le soir, Jennifer Jault se trouve dans la salle à ce moment crucial. Alertée par ses collègues, elle se précipite pour lui venir en aide. « Il était inconscient, avec des respirations qu’on appelle agonales. Ce sont des réflexes respiratoires, mais ils ne sont pas efficaces. Avec mon expérience professionnelle, je savais que ce genre de convulsions mène souvent à un arrêt cardiaque. Par chance, il y avait un défibrillateur », raconte Jennifer. Après 40 minutes de massage cardiaque, durant lesquelles neuf personnes se relaient, les ambulanciers arrivent et Luc Bordonado survit à l’incident. 

À la suite de cet événement, Johnny, propriétaire de l’Ardoise à Mascouche, communique avec elle pour lui faire part de son intérêt à équiper son établissement. Elle s’empresse alors de trouver une solution, consciente de l’aspect vital de l’accès rapide à cet appareil : « Quand on applique un défibrillateur dans les premières minutes d’un effondrement, les chances de succès sont très bonnes. Plus le délai est long, plus elles diminuent. » 

 

« Dans la chaîne de survie, le premier maillon, c’est le citoyen, et son rôle est crucial. Chaque minute sans oxygène fait perdre 10 % de chance de survie. »

Stéphane Maillet

Rendre l’appareil accessible dans les lieux publics 

L’héroïne souligne que, pour le moment, « les endroits équipés de défibrillateurs sont souvent des écoles ou des bâtiments municipaux qui ferment tôt ». En installer dans les bars devrait permettre d’y accéder sur une plus longue période et directement dans des endroits où des personnes à risque se retrouvent régulièrement. 

Elle contacte alors la Fondation Jacques-de Champlain, qui fait la promotion de ces appareils en les offrant : « Je voulais équiper les dix bars où je joue avec mon club de billard, puis ils m’ont proposé d’en fournir 15 ». Il est d’ailleurs possible de télécharger l’application DEA-QUÉBEC afin de localiser les appareils disponibles en cas d’urgence. 

Dès que la collaboration est confirmée, Jennifer annonce la nouvelle aux propriétaires des salles de billard. Elle rappelle toutefois les enjeux financiers :
« Sans défibrillateur, il n’y a pas de réanimation, mais ça prend des moyens pour s’équiper. Un appareil coûte environ 4 000 $, sans compter l’entretien ».
 

Distribution et formation 

La distribution est déjà commencée et l’Ardoise à Mascouche est maintenant équipée. La paramédic rappelle que, même sans formation, l’appareil reste simple d’utilisation : « Tu ne peux pas te tromper. Tu as juste à écouter la machine et faire ce qu’elle dit ». Malgré cette accessibilité, des formations seront offertes aux équipes des établissements participants. Plusieurs formateurs se sont déjà joints à elle afin de couvrir rapidement le territoire. « Ça me fait plaisir, parce que j’aime beaucoup enseigner au grand public », exprime-t-elle.

 

La place du citoyen en situation d’urgence 

Lors d’un arrêt cardio-vasculaire, les premières minutes sont cruciales pour la survie. Stéphane Maillet, à la direction des services généraux, de la première ligne et des partenariats du CISSS de Lanaudière, souhaite promouvoir l’accès aux défibrillateurs dans les espaces publics. « Dans la chaîne de survie, le premier maillon, c’est le citoyen, et son rôle est crucial. Chaque minute sans oxygène fait perdre 10 % de chances de survie », explique-t-il. 

C’est pourquoi le CISSS de Lanaudière met en place un programme quinquennal visant à sensibiliser la population à l’utilisation de ces appareils. Actuellement dans sa première année, le programme Héros en trente est déjà déployé dans le nord de la région et arrivera prochainement à Terrebonne et Mascouche. 

Ces initiatives visent à mieux outiller les citoyens afin qu’ils puissent intervenir rapidement, en complément des services préhospitaliers d’urgence, et ainsi augmenter les chances de survie des personnes victimes d’un arrêt cardiaque.
« C’est une responsabilité collective que nous avons », rappelle M. Maillet. 

Il ajoute qu’il serait souhaitable que ces appareils soient encore plus accessibles :
« Il est possible de les installer à l’extérieur, dans des boîtiers, pour les rendre disponibles en tout temps sur le territoire. »

Jennifer Jault
Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc

Comment fonctionne le défibrillateur ? 

Jennifer Jault, paramédic, vulgarise le rôle de l’appareil : « Quand le cœur s’arrête à cause d’une crise cardiaque, c’est un blocage dans une artère. Le cœur est le premier à être souffrant, il commence à fonctionner tout croche. Il est en fibrillation, c’est à dire qu’il perd son rythme, il ne pompe pas bien et ça ne fonctionne pas. Ça prend un choc électrique pour l’arrêter, pour qu’il reparte comme il le faut tout seul. C’est ça le rôle du défibrillateur ». 

 

Pour toute information supplémentaire, il est possible de consulter l’application DEA-QUÉBEC ou de communiquer avec la Fondation Jacques-de Champlain afin d’acquérir un défibrillateur. 

 

 

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