Une intervention chirurgicale lui permet de vivre sans épilepsie

  • Publié le 1 mai 2026 (Mis à jour le 1 mai 2026)
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Vivant maintenant sans épilepsie, Richard Nolet a pu recommencer à conduire et à travailler. (Photo gracieuseté - Richard Nolet)
Vivant maintenant sans épilepsie, Richard Nolet a pu recommencer à conduire et à travailler. (Photo gracieuseté – Richard Nolet)

Le 9 juin 2015, Richard Nolet souffrait de sa première crise d’épilepsie. Toutefois, ce dernier n’en a plus depuis le 23 novembre 2017, il y a bientôt neuf ans, le jour où il a subi une intervention chirurgicale au niveau du cerveau. Le Terrebonnien nous raconte comment sa décision de se faire opérer a changé sa vie.

Après sa première crise d’épilepsie, M. Nolet s’est mis à en avoir d’autres chaque trois à quatre mois. Avec le temps, la situation s’est dégradée et ce dernier a même eu jusqu’à quatre, voire cinq crises par jour en moyenne. Il a même été obligé d’arrêter de travailler. 

Une crise d’épilepsie se manifeste de différentes façons. Il peut s’agir d’un regard vide, comme si la personne était soudainement déconnectée du moment présent. La crise peut aussi se présenter sous la forme de mouvements incontrôlés, une secousse musculaire ou encore des convulsions sévères et longues. Une crise se déclenche lors d’une décharge électrique soudaine et excessive dans le cerveau. Elle vient temporairement troubler la communication entre les neurones. D’autres problèmes ou maladies peuvent influencer ou précipiter la crise également. 

Du pire avant le mieux 

Malgré sa prise en charge médical, sa situation ne s’améliorait pas. « J’étais médicamenté, mais ça ne fonctionnait pas, nous a raconté le natif de l’Ontario. Puis, en janvier 2017, on m’a référé à L’Institut-hôpital neurologique Neuro, où j’ai passé 13 jours sous observation. J’avais une trentaine d’électrodes sur la tête pour passer des tests et j’étais filmé pour voir d’où venait mon épilepsie. Ils m’ont ensuite dit que j’étais un candidat éligible pour une opération. » 

Le Neuro, situé à Montréal, se spécialise dans le traitement de maladies neurologiques et de recherches de pointe. L’endroit a ouvert ses portes en 1934. Le centre hospitalier est une institution publique de sciences ouvertes et est relié à l’Université McGill. 

Assez c’est assez 

L’accumulation de crises, surtout si elles sont sévères, peut endommager les tissus cérébraux. Une crise peut provenir de la zone du cerveau qui contrôle le langage. Des difficultés d’élocution continues peuvent rester à long terme si les troubles épileptiques sont fréquents, ou si une lésion se crée ou s’aggrave près de cette zone. 

Une fin de semaine en août 2017, M. Nolet a eu trois crises dans la même demi-heure. C’était la goutte de trop : il en avait assez. Il ne voulait pas qu’un jour, à force d’accumuler les crises, il commence à perdre la mémoire, voire la capacité de parler. 

« J’étais quand même jeune en plus, car j’avais 40 ans à ce moment, a-t-il précisé. Puis, ce n’était pas juste pour moi. J’étais tanné de faire subir ça à mes enfants et à leur mère. Ils me voyaient, mais ne pouvaient rien faire. » 

Le 23 novembre de la même année, il se faisait opérer : un moment qu’il qualifie de deuxième chance à la vie.  

« Au départ, j’avais peur, nous a-t-il confié. C’est quand même une opération au niveau du cerveau! Toutefois, depuis l’opération, je n’ai plus de crise, plus rien! Je ne prends plus de médicaments et j’ai pu ravoir mon permis. Ça, c’était bien le fun. » 

Sous un autre angle 

Depuis, le Terrebonnien ne voit plus la vie de la même façon. Il ne s’arrête plus sur les petites choses « peu pertinentes » et choisit de mettre son énergie où cela en vaut vraiment le coup. 

« Je suis pas mal plus zen qu’avant, a lancé M. Nolet. C’est aussi de ne pas tout prendre pour acquis dans la vie. Parfois, on pense que ce ne sont que des petites choses du quotidien, comme le permis de conduire. Moi, j’avais mon permis depuis que j’étais jeune, puis, du jour au lendemain, je l’ai perdu. Tu réalises encore plus l’indépendance, la liberté que ça te donne lorsque tu as un permis. » 

Petite crainte 

Le docteur nous partage que dans le cas de M. Nolet, la seule inquiétude de l’équipe médicale était dû au fait que celui-ci était gaucher. Il explique que le cerveau d’un gaucher fonctionne parfois différemment de celui d’un droitier.  

Selon les études, le cerveau d’un gaucher se distingue principalement par son organisation anatomique et fonctionnelle différente. Il est dit que celui-ci a une plus grande symétrie et ses deux hémisphères communiquent de manière plus fluide. En d’autres mots, l’organisation de son cerveau est plus variée. Ainsi, des radiographies et des tests deviennent indispensables avant d’intervenir auprès d’un patient. Un foyer épileptique pourrait être du côté inverse à celui d’un droitier et se trouver près de zones de langage, ou autres. 

« Il y a eu d’autres petits tests pour s’assurer qu’il n’y aurait pas d’autres séquelles, notamment sur sa mémoire, a-t-il ajouté. Tout était positif, c’est-à-dire qu’on pouvait faire l’intervention. » 

D’ailleurs, le Dr Hall nous informe que des spécialistes étudient présentement comment fonctionne le cerveau d’une personne ambidextre. Les différences, ou non, pourront ensuite aider le monde de la médecine, surtout pour des interventions chirurgicales. 

Le docteur souligne que des études effectuées dans les 15 dernières années suggèrent que la chirurgie fonctionne mieux que les médicaments pour des cas comme celui de M. Nolet. Il est toutefois important de noter que chaque cas doit être traité comme étant unique avant de penser pouvoir être opéré. Certaines personnes doivent encore prendre des médicaments après l’opération également. 

Osez demander 

Le Dr Hall souhaite rappeler qu’il est important, si vous souffrez d’épilepsie et que les médicaments ne fonctionnent pas, de consulter des professionnels pour voir si d’autres options vous sont possibles. 

« Il est possible que votre médecin n’en connaisse pas trop sur la neurologie et les interventions chirurgicales, a conclu le Dr Hall. Ça dépend aussi de sa formation. C’est normal si ce dernier ne sait pas si vous êtes un candidat pour une évaluation pré-chirurgicale. Vous pouvez demander une évaluation avec un centre d’épilepsie. Il y a de bonnes places au Québec pour avoir cette évaluation et ce traitement. »

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