Faire aimer l’histoire, la vocation de François Vinet

François Vinet. (Photo Médialo - Élise Brouillette)
François Vinet. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

Reconnu pour être un passionné d’histoire, un conteur hors pair et un orateur sensible, François Vinet, professeur chouchou de l’Université du troisième âge (UTA) Joliette de Lanaudière, vient d’annoncer sa retraite de l’enseignement après plus de 60 ans. C’est ainsi qu’il a été invité à prendre la parole devant ses anciens étudiants.

La conférence s’est déroulée à l’occasion du dîner suivant l’assemblée générale annuelle de l’Association générale des étudiantes et des étudiants de l’UTA Joliette de Lanaudière.

Les convives ont réservé un accueil digne d’une rockstar à François Vinet qui, manifestement, ne laisse aucun élève indifférent. Connu pour sa grande sensibilité, l’enseignant jouit d’une popularité indiscutable, ainsi que l’a affirmé Jean-Marie Gagnon, président de l’UTA Joliette de Lanaudière, « malgré son anachronisme », alors qu’il n’utilise que ses notes dans son cartable rouge et le tableau pour conquérir ses élèves en cette ère technologique.

« Il s’agit d’un conteur d’histoires qui s’investit avec verve et sensibilité dans le personnage qu’il présente et son époque, allant jusqu’à s’en émouvoir. »

Lors de son allocution, au Club de golf Montcalm de Saint-Liguori, François Vinet a retracé les jalons de sa carrière, parlé de son cheminement ainsi que de ses coups de cœur. Il a instantanément fait naître une pointe de regret chez ceux qui n’ont pas eu la chance d’assister à un de ses cours et qui l’entendaient parler avec autant de passion pour la première fois.

François Vinet a salué les personnes qui l’ont inspiré dans son choix de profession, dont son père et une enseignante, Angela St-Jean, qu’il a connue alors qu’il était âgé de sept ans. « Chaque après-midi, lors de la dernière demi-heure de la journée, elle nous enseignait l’histoire du Canada et les grands héros. La cloche sonnait et il fallait attendre le lendemain pour connaître la suite. Elle m’a accroché! »

L’historien Henri Guillemin, reconnu pour ses émissions à Radio-Canada dans les années 60 et 70, a aussi grandement marqué M. Vinet en raison de ses approches à contre-courant tout comme l’enseignant Noël Vallerand, l’auteur Eric Bédard ou Jacques Lacoursière, dont les fascicules hebdomadaires sur l’histoire du Québec l’ont tenu en haleine.

« Ce sont des maîtres et des modèles qui m’ont donné le goût de l’histoire et qui ont fait en sorte que j’ai ensuite transmis cette passion à d’autres. »

François Vinet n’a pas manqué de remercier sa femme, Diane Éthier, pour son accompagnement depuis plus de 60 ans. « Elle a été ma conseillère la plus perspicace et ma critique la plus constructive. »

 

Un public avide d’apprendre

François Vinet a enseigné l’histoire pendant 33 ans au secondaire, notamment à L’Assomption. C’est en février 1998, à quelques mois de prendre sa retraite, qu’il a été approché par Lise Perreault et Jeannette Grégoire. Ces dernières étaient à la recherche d’un enseignant afin de lancer le premier cours d’une antenne de l’UTA. « Il n’y a pas eu de longues discussions, j’ai tout de suite accepté! Après autant d’années à enseigner à des adolescents de 12-13 ou 14 ans…j’allais m’adresser à des élèves de 50 ans et plus! Il fallait répondre aux attentes et que ce soit intéressant! »

Après un été de travail acharné, M. Vinet a donné son premier cours à Joliette. « À la pause, on est venu me dire que les gens aimaient ça, je flottais », se souvient-il. Rapidement, les élèves en ont redemandé et voulaient savoir quel allait être le prochain cursus!

L’enseignant, qui est un passionné d’histoire, de politique, de musique et de littérature, a ainsi eu l’idée de partir de personnages connus pour parler du contexte historique de leur époque. « J’avais là un filon intéressant! »

Au cours des années, François Vinet a abordé la vie de 60 figures historiques, remplissant pas moins de 97 cahiers de 250 pages de notes manuscrites. Parmi les moments marquants de sa carrière, il a cité la conférence sur La Bolduc, qui a eu lieu au printemps 2018. « Ce soir-là, il s’est passé quelque chose de spécial, la réaction de l’assistance était exceptionnelle, une vraie communion de l’âme. »

Moment ludique de sa conférence, M. Vinet a mis ses anciens étudiants à l’épreuve en leur posant des questions au sujet de personnages historiques qu’il leur a enseignés, dont Churchill, Christophe Colomb, Louis Riel, Victor Hugo, Marie Curie, Marcel Pagnol ou Louise Michel. La journaliste de L’Action qui était présente a pu constater que les membres de l’assistance avaient très bien retenu leurs leçons!

S’il prend sa retraite en tant qu’enseignant, après 28 ans à œuvrer au sein de l’UTA Joliette de Lanaudière, François Vinet a promis de continuer à présenter des conférences. Une rencontre consacrée à Maurice Duplessis est d’ailleurs déjà prévue le 4 novembre. « Le cœur y est toujours, alors je veux rester, mais en réduisant la cadence. »

Hélène Lapalme, membre du conseil d’administration de l’UTA, a récité une relecture d’une fable de Jean de La Fontaine en l’honneur de François Vinet. Une plaque honorifique lui a aussi été remise où il est possible d’apercevoir un arbre avec 28 feuilles, pour ses 28 années d’enseignement au sein de l’UTA Joliette de Lanaudière.

François Vinet et Jean-Marie Gagnon. (Photo Médialo – Élise Brouillette)

Articles les plus consultés

L'équipe de Microklimat. (Photo Médialo – Sabrina Quesnel-Bolduc )
Actualités
Faits divers

Des citoyennes mobilisées pour la sécurité dans le Vieux-Terrebonne

Une dizaine de femmes étaient présentes au dernier conseil municipal de Terrebonne, pour dénoncer des actes de violence dans le Vieux-Terrebonne.
La famille Pedraza Onate a obtenu sa résidence permanente. (Photo gracieuseté - Linda Paola Romero Sanchez)
Actualités

La famille Pedraza Onate a reçu sa résidence permanente!

La famille Pedraza Onate est passée à une journée d’être expulsée. Après un sursis, la famille a vu sa demande de résidence permanente acceptée.
Le chef Stefan Jacob. Photo gracieuseté
Actualités
Culture

Après 24 en 24, un nouveau restaurant pour Stefan Jacob

Le chef a plusieurs projets sur la table, dont l’ouverture d’un restaurant prévue ce mois-ci, à deux minutes de marche du Centre Bell.