Maisons flottantes : quand la rivière devenait un lieu de fête

  • Publié le 18 août 2026 (Mis à jour le 18 août 2026)
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La maison flottante de Zénophile Therrien au second plan. (Photo archives PHT)
La maison flottante de Zénophile Therrien au second plan. (Photo archives PHT)

Cet été, nous vous proposons quelques histoires de la Ville de Terrebonne, en partenariat avec Patrimoine et Histoire Terrebonne.  

À Lachenaie, dans la première moitié du 20e siècle, un type d’embarcation très particulier émerge : les maisons flottantes. Les Lachenois et Lachenoises de cette époque ont la chance d’admirer deux habitations de ce genre. Leur apparition dans ce village fait écho à une mode nord-américaine de courte durée, qui atteint son apogée entre les années 1930 et 1940. 

Peu couteuses à bâtir, les maisons flottantes sont très populaires en cette période de Grande Dépression. Ces embarcations sont en quelque sorte les ancêtres des pontons, puisqu’elles servent principalement de lieu de rassemblement communautaire et festif, plutôt que de véritables résidences. Celles-ci sont construites sur une base de radeau et munies d’un système d’ancrage, qui est essentiel pour les maintenir stables.  

La maison de Zénophile Therrien 

La première maison appartient à Zénophile Therrien. Grand entrepreneur de Lachenaie, il œuvre à la construction de ce qui est aujourd’hui l’école Saint-Charles, et il est également propriétaire d’un moulin à scie. Il fait construire sa maison flottante pour recevoir ses convives et organiser des soirées festives. Il possède également un bateau, avec lequel il effectue le transport des habitants de Lachenaie qui souhaitent se diriger vers la pointe de l’île de Montréal. Cette demeure, peut accueillir jusqu’à 20 personnes, mesure environ 8 mètres sur 4 mètres, et elle est actionnée grâce à une roue à aubes dotée d’un moteur. 

La maison de Joseph Masse 

La deuxième maison flottante est celle de Joseph Masse, un manufacturier de bancs de scie et de moulins à battre. Son embarcation flotte sur la rivière L’Assomption, tandis que celle de Zénophile Therrien navigue sur la rivière des Mille-Îles. La maison de Joseph Masse mesure 12 mètres sur 12 mètres, et peut accueillir jusqu’à 12 passagers.  

Une ambiance festive 

Ces habitations flottantes sont le théâtre de typiques « soirées canadiennes ». Les invités de Zénophile se rassemblent dans ces embarcations pour vivre des moments joyeux, en bonne compagnie. Sur la barque illuminée, ils dansent et chantent au son du violon ou de l’accordéon. La maison, elle, vogue lentement, au rythme de la musique. Ce n’est pas un chalet de luxe privé, mais plutôt un endroit rudimentaire où les gens profitent d’une ambiance chaleureuse. Si les maisons flottantes connaissent une baisse de popularité après la Grande Dépression, elles connaissent toutefois un nouvel essor depuis quelque temps. Que ce soit par souci d’économie ou bien pour se trouver d’un endroit paisible, les gens sont de plus en plus attirés à l’idée d’une maison-flottante. Leur usage actuel est cependant bien différent. En effet, durant la première moitié du 20e siècle, elles servent de refuges conviviaux où la population se réunit, tandis qu’aujourd’hui, elles sont plutôt populaires auprès des gens qui souhaitent s’éloigner de la cacophonie de la ville et profiter de la nature… en toute tranquillité!   

Collaboration spéciale Annabelle Tremblay Lemaire, recherche par Maurice Goyette, Patrimoine et Histoire Terrebonne

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