Les épiceries au rabais sont en pleine expansion

  • Publié le 20 janv. 2026 (Mis à jour le 20 janv. 2026)
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La croissance rapide des épiceries de liquidation, telle que Liquidation Marie, dans la province, illustre les changements d’habitudes des consommateurs. Ces derniers se tournent notamment de plus en plus vers les magasins alternatifs, qui offrent à la fois la possibilité de minimiser le gaspillage alimentaire et d’économiser. Les efforts déployés pour éduquer sur les dates de péremption ont grandement aidé à ce changement de paradigme.  La Revue a rencontré Sylvain Charlebois, professeur à l’Université Dalhousie et directeur du Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire, afin d’évoquer le sujet.  

Le 18 novembre, le Laboratoire de sciences analytiques en agroalimentaire de l’Université Dalhousie publiait une étude réalisée pour Too Good To Go, qui visait à comprendre les perceptions des consommateurs à l’égard de ces dates. Les résultats révélaient, entre autres, que, chaque année, les ménages québécois jettent en moyenne 290 $ de produits alimentaires à cause d’une confusion autour des dates « meilleur avant ».  

Chercheur principal dans cette étude,  Sylvain Charlebois rappelle qu’il est possible d’éviter beaucoup de gaspillage alimentaire. « Ce qu’on a remarqué, c’est que les dates “meilleures avant” coûtent cher parce qu’il y a beaucoup de gens qui décident de jeter de façon précoce des aliments encore bons », explique le scientifique. Une des solutions à ces pertes serait, selon lui, d’utiliser son bon sens et d’évaluer soi-même la qualité du produit. « C’est important de comprendre d’où viennent ces dates “meilleures avant”, il n’y a pas eu d’études scientifique qui les explique. Un produit qui n’est pas ouvert peut être gardé pendant des semaines », précise-t-il, «les techniques, d’emballage sont tellement performantes que c’est quand même assez difficile de compromettre la salubrité d’un aliment si l’emballage n’est pas ouvert ».  

L’ascension des épiceries au rabais 

Sylvain Charlebois sait que les épiceries de liquidation réussissent à garder « un coût du produit très bas, puisque le modèle d’affaires est d’une simplicité totale. Les frais d’exploitation sont vraiment minimes ». Dans ces enseignes, les prix vont parfois être jusqu’à 50 % moins chers. « Ces entreprises-là travaillent avec la chaîne d’approvisionnement de façon un peu différente. Elles vont aller chercher les pertes, les aliments qui ne suivent pas les spécifications des grandes chaînes. Tous les surplus de celles-ci vont être récupérés. »

Le plus grand centre de liquidation de la région  

L’entreprise Liquidation Marie valorise ces concepts de manière exponentielle. Le 15 janvier, l’entrepreneure ouvrait ainsi sa neuvième succursale à Saint-Roch-de-l’Achigan. L’ancien entrepôt de la succursale JC Perreault dans lequel le magasin s’est installé mesure 11000 pieds carrés et est à ce jour le plus gros de ses entrepôts. Marie-Ève Breton, fondatrice de l’entreprise, explique sa croissance rapide par l’abondance d’opportunités qui se présentent à elle : « On cherchait un espace plus grand. Notre agent d’immeuble nous a proposé Saint-Roch-de-l’Achigan. On est venu visiter et M. Perrault nous a donné cette grande opportunité ». C’est donc de cette façon que son choix s’est arrêté sur la ville de Saint-Roch-de-l’Achigan. « Je ne viens pas d’ici et j’avais des appréhensions face à l’emplacement un peu loin de tout. Le maire Sébastien Marcil m’a rassurée en me disant qu’il y a beaucoup de passages sur l’autoroute et que la clientèle serait au rendez-vous. » Depuis sa médiatisation, elle reçoit énormément d’appels de promoteurs immobiliers et de fournisseurs alimentaires qui souhaitent faire affaire avec elle.  

Pour Marie-Ève Breton, son succès est révélateur des besoins et des attentes des consommateurs. « Les gens se rendent bien compte qu’ils font des économies ici. C’est un nouveau marché. Je crois qu’avant, les gens détruisaient le produit, ici on le revalorise ». Elle réussit à garder ses prix aussi bas en réussissant à avoir des prix d’achats bas. « Je suis une très bonne négociatrice. En négociant nos baux et le prix des produits, on réussit à offrir des prix agressifs ». 

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