Demander l’aide médicale à mourir : une décision courageuse

  • Publié le 11 janv. 2023 (Mis à jour le 29 avr. 2025)
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Stéphane Fortier

Même si la souffrance est dévorante, il faut beaucoup de courage pour décider, un jour, de mettre fin à sa vie par l’entremise de l’aide médicale à mourir (AMM).

Louise Henrichon, qui fait partie du Comité des usagers du sud de Lanaudière, a accompagné deux personnes dans ce processus, soit son frère, âgé de 66 ans, et sa tante, qui avait 90 ans. « Ma mère était atteinte d’arthrite rhumatoïde et souffrait atrocement. Elle a décidé de cesser de manger, s’est laissée mourir de faim et de soif. Nous avons accepté alors son désir de mourir. À l’époque, il était question de l’AMM, mais ce n’était pas encore en pratique et elle nous avait dit que nous serions chanceux d’en bénéficier un jour », raconte d’abord Mme Henrichon.

À deux reprises

Son frère était aux prises avec un troisième cancer, bucconasal celui-là. S’il n’avait pas demandé l’AMM, il serait décédé étouffé et aurait été incapable de se nourrir. D’ailleurs, dans les derniers moments de sa vie, il a dû être gavé. « Il savait ce qui s’en venait et il ne voulait pas devenir un fardeau. Il a demandé l’AMM et a été accepté rapidement, en quelques jours seulement », raconte Mme Henrichon. Le processus s’est déroulé en présence de sa famille. « Ça a été très émotif. Un peu avant, il est allé prendre de l’air à l’extérieur et a partagé de beaux souvenirs avec nous. Nous étions solidaires de sa décision. Après l’injection, il est parti tranquillement, ça a pris cinq minutes », témoigne Louise Henrichon, qui se rappelle que son frère a gardé le moral jusqu’au bout.

Et sa tante? « Atteinte du cancer du rein, elle ne voulait pas souffrir à cause de la chimio. Elle a été prise en charge pour des soins à domicile et en juin 2022, elle a choisi d’utiliser l’AMM pour octobre, mais se doutait bien qu’elle ne se rendrait pas là, et c’est le 17 août qu’elle en a bénéficié », décrit Mme Henrichon.

« C’est vraiment pour éliminer la souffrance et garder sa dignité que l’on fait appel à l’AMM. C’est une façon de garder le contrôle sur sa vie et sur sa fin, décider comment on va partir, en toute connaissance de cause, entouré de gens qu’on aime. » Les membres de la famille ne peuvent s’opposer à cette décision. « Ils n’ont pas voix au chapitre. Ils doivent respecter le choix de la personne et ne peuvent aller à l’encontre de cette décision. Dites-vous que ça prend beaucoup de courage pour aller de l’avant dans ce processus », de conclure Louise Henrichon.  

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