Le transport adapté, parent pauvre du transport collectif

  • Publié le 27 oct. 2026 (Mis à jour le 27 oct. 2026)
  • Lecture : 3 minutes

Dans le transport collectif, il est facile pour une grande partie de la population d’oublier le transport adapté. Pourtant, pour ceux qui l’utilisent, il est nécessaire.  

Le transport adapté correspond au service public de transport collectif conçu pour les personnes en situation de handicap ou à mobilité réduite qui ne peuvent pas utiliser le réseau de transport en commun régulier. 

« C’est un service qui fonctionne avec un principe de porte-à-porte avec réservation. Ça veut dire qu’il y a des chauffeurs qui sont formés pour offrir une aide de la prise en charge à la porte de la personne qu’elle va chercher jusqu’à la porte de la destination et la laisser en toute sécurité avant de quitter les lieux », présente Natalie Savard, directrice du RUTAL, le regroupement des usagers de transport adapté de Lanaudière.  

Un service essentiel 

La directrice du RUTAL souligne à quel point un tel service est essentiel pour les personnes à mobilité réduite. « Les autres modes de service ne sont pas accessibles pour les personnes handicapées. Si on pense aux personnes à mobilité réduite, les personnes se déplaçant avec des aides à la mobilité, comme les fauteuils roulants, ne peuvent pas se déplacer dans le réseau régulier parce que les véhicules ne sont pas adaptés ».  

MariEve Beaudry, usager du service de transport adapté dans Lanaudière, explique ainsi que le transport adapté lui permet de vivre. « Chaque semaine, je vais pour des activités pendant la période scolaire, je vois des amis, je vais au restaurant, je vais à l’épicerie. Aussi, je dirais que pour les transports médicaux, c’est vraiment mon seul moyen pour me déplacer ».  

« Sans ça, les personnes se trouvent isolées. Il y a énormément, malheureusement, de personnes qui vivent l’isolement parce qu’il y a des lacunes au niveau de l’offre de services », insiste Mme Savard.  

Des enjeux importants 

Pour améliorer l’accès au transport adapté, Mme Savard et le RUTAL se heurtent à divers enjeux. L’un des plus importants est l’interrégionalité du transport adapté. « À l’heure actuelle, en transport adapté, bien qu’il y ait cinq services, les personnes en transport adapté ne peuvent pas avoir accès à la MRC voisine. Ces personnes-là sont confinées à se déplacer à l’intérieur seulement des municipalités comprises dans leur MRC ».  

« Il y a des personnes qui nous appellent en disant, “je ne peux même pas aller aux funérailles de ma mère ou de mon frère, parce que c’est dans la MRC voisine, une municipalité où mon service de transport ne se rend pas” », ajoute la directrice du RUTAL.  

MariEve Beaudry de son côté, précise que, pour elle, la communication d’exo n’est pas suffisante. « Le problème, c’est qu’on essaie de comprendre et d’aider à améliorer la situation, la gestion des routes. Mais parfois on nous dit “nous, on sait comment ça fonctionne et on ne veut pas vous entendre”. » 

Alors que les structures chargées de gérer les transports collectifs changent régulièrement, Mme Savard explique que cette instabilité ne permet pas de développer correctement le transport adapté. « Un transport adapté, par expérience, c’est un mode de transport extrêmement complexe, tous les paramètres d’une gestion d’un transport adapté sont très fragiles. Et dès qu’il y a un aspect qui change ou qui modifie, ça peut changer la donne complètement ».  

Un problème de financement 

En tant que service public, le transport adapté est en grande partie financé par le gouvernement du Québec, le reste provenant des municipalités et des usagers. Or, la tension se budgétaire se fait bien sûr sentir sur ce mode de déplacement. « Le ministère des Transports du Québec a décidé, avec son programme de soutien aux transports adaptés 2025-2027, de plafonner l’achalandage de 2024 pour donner le financement. Parce qu’il faut savoir que les transports adaptés sont remboursés par l’achalandage, c’est-à-dire par déplacement. Pourtant, on sait que les besoins sont grandissants », souligne Natalie Savard.  

Guillaume Tremblay, le maire de Mascouche, relève aussi le financement vacillant du transport adapté à l’échelon provincial. « Le gouvernement du Québec est en train de se désengager complètement au niveau du transport adapté. C’est une obligation dans la loi de donner du transport adapté à nos personnes à mobilité réduite et ça a un coût extrêmement cher parce que c’est du service, pratiquement du taxi-service ou de quelqu’un qui va chercher des gens à la maison. Ça a toujours été financé avec une grande portion de l’argent qui venait du gouvernement du Québec mais maintenant, ce sont les villes qui doivent régler ça ».  

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