40 ans d’accompagnement pour l’ABC des Manoirs

Les 40 ans de l'ABC des Manoirs avaient un air de fête de famille. (Photo Médialo - Raphaël Isselet)
Les 40 ans de l’ABC des Manoirs avaient un air de fête de famille. (Photo Médialo – Raphaël Isselet)

Fondé en 1985, l’ABC des Manoirs a accompagné des centaines de personnes vers la littéracie. En 40 ans d’existence, l’organisme a évolué.  

Il s’agissait presque d’une réunion de famille ce 5 juin au parc René-Lévesque. Pour ses 40 ans d’activité, l’ABC des Manoirs avait invité les fondatrices de l’organisation. Pierrette Picotte, une des fondatrices, a ainsi vu l’organisation changer et grandir depuis 1985.  

« Quand on a commencé, on avait seulement quelques participants.  Après on a eu une entente avec la commission scolaire. Mais après, ça a évolué, parce qu’on n’a pas fait que des cours. On a fait des cours de cuisine, on a fait quatre pièces de théâtre avec des participants. En même temps, l’apprentissage de l’étude, de l’écriture, souvent, c’étaient des gens qui disaient qu’ils n’avaient pas confiance en eux, parce qu’ils ne savaient pas lire. Nous on leur donnait de l’élan pour continuer » raconte-t-elle.  

Madeleine Jean, une autre membre fondatrice, expliquait quant à elle avoir fondé l’ABC pour…aider ses propres difficultés en français. « J’ai monté avec des personnes l’ABC des Manoirs, parce que j’avais de la peine avec les règles, le sujet, verbe, complément.  C’est vraiment, là en l’enseignant à d’autres, parce que d’abord, je devais préparer la leçon que je l’ai répété et répétée ».  

Pierrette Picotte se souvient aussi de la débrouille nécessaire des débuts. « Au départ, quand on commençait, on ne voulait pas prendre des livres de jeunes enfants pour apprendre à lire aux adultes. On leur faisait notre matériel, mettons, la réalité de la vie. Parce qu’il n’y avait pas de livres adaptés exprès. Aujourd’hui, ils ont plus de matériel, mais dans le temps, on faisait notre matériel ».  

« Moi, je peux te dire, ça a été des belles années. Des fois difficiles, quand on en perdait quelques-uns, mais beau », termine Pierrette.  

Une organisation essentielle 

Chantal Leblanc, la directrice actuelle de la structure, l’a, elle aussi, vue changer depuis son arrivée il y a une vingtaine d’années. « On n’était que deux formatrices quand je suis arrivée, aujourd’hui, il y a quatre formatrices. Donc, les besoins sont énormes pour leur permettre d’être autonome. L’arrivée de tout ce qui est l’informatique et les téléphones cellulaires, ça a déclenché des ateliers à n’en plus finir », explique-t-elle.  

Aujourd’hui, pour Chantal Leblanc, les besoins les plus importants « c’est tout ce qui est au niveau de la francisation. Puis la deuxième partie, c’est toute la partie aide pour les personnes qui cherchent un emploi. Pour chercher un emploi, il faut savoir comment on se débrouille sur l’ordinateur, comment on fait de la recherche, comment on s’inscrit pour recevoir des annonces, comment on envoie son CV, comment utiliser les logiciels Word et Excel ».  

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