Raphaëlle Tousignant, une vie sur la glace

  • Publié le 9 nov. 2025 (Mis à jour le 10 nov. 2025)
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Raphaëlle Tousignant sur la glace. (Photo gracieuseté)
Raphaëlle Tousignant sur la glace. (Photo gracieuseté)

La Terrebonnienne Raphaëlle Tousignant a participé aux premiers championnats du monde de parahockey féminin en août dernier. La jeune femme est d’ores et déjà tournée vers ses prochaines échéances. 

Raphaëlle Tousignant n’est âgée que de 22 ans, pourtant, son vécu dans le parahockey est immense. Il y a quelques mois, la jeune femme était présente dans l’équipe du Canada, qui participait aux tout premiers championnats du monde de parahockey féminin.  

« Vivre ce moment avec toutes mes coéquipières, qui ont le même objectif que moi de devenir olympiennes, c’était incroyable.   Dans les dernières années, c’était vraiment beaucoup de hauts et de bas, beaucoup d’insécurité, d’incertitude. On commence à toucher une forme de reconnaissance et ça donne vraiment l’énergie de continuer », explique-t-elle.  

Si le résultat pour les Canadiennes n’a pas été aussi excellent qu’attendu, elles ont remporté la médaille d’argent, l’essentiel est ailleurs : « c’était vraiment excitant d’être là, de voir les nouvelles joueuses. De voir les joueuses des autres pays aussi. Ça va apporter une excitation partout dans le monde afin de créer leur équipe », raconte Raphaëlle. 

Objectif Jeux Olympiques

Pour le monde du parahockey féminin, ces championnats du monde avaient un goût d’étape, l’objectif principal est d’amener le sport aux Jeux paralympiques. Pour le moment, la présence du sport aux Jeux de 2030 n’est pas garantie, mais il y a une voie.  

« Pour être inclus comme discipline, il fallait absolument organiser deux championnats du monde. Cette année, c’était le premier, c’était une étape importante. D’ici 2030, on doit avoir deux championnats du monde avec 8 pays représentés. Nous étions 6 équipes, donc 5 pays et l’équipe Monde, qui permettent d’amener des joueuses d’autres pays », présente l’athlète. Raphaëlle ajoute qu’ « on peut commencer à croire qu’on va se rendre aux Jeux, puis pas dans 15 ans, pas dans 20 ans, mais peut-être dans 4 ans ».  

L’un des enjeux cruciaux pour le parahockey féminin est le recrutement. Selon Raphaëlle, « il faut trouver des filles avec un handicap et qui ont envie de pratiquer le hockey. Je pense que ça va changer les prochaines années, les filles sont de plus en plus intéressées par le hockey. Je pense que ma participation avec l’équipe masculine et on l’espère dans le futur, a permis et va permettre de montrer aux filles partout qu’on a autant notre place que les hommes sur la glace, on peut se pousser, on peut glisser ». 

Une figure de proue de sa discipline 

Et le Québec se positionne comme l’une des places fortes du parahockey féminin, Raphaëlle souligne que la situation n’est pas acquise dans la durée. « Il y a quelques années l’Alberta c’était la plus grande province, il produisait le plus de joueurs et joueuses, avant c’était l’Ontario. Aujourd’hui, ça semble être nous au Québec, on a plusieurs joueurs qui vont vers le programme national », souligne l’hockeyeuse. 

En 2023, Raphaëlle est devenue la première femme à intégrer une équipe nationale masculine de parahockey. « Je sais que ça a eu un impact sur les gens. C’est un rôle incroyable mais c’est un rôle que je n’ai jamais voulu. Mais je sais aussi que je suis choyé d’avoir ce rôle, d’avoir un impact sur de jeunes filles partout au Canada, puis parfois même dans le monde ». Pourtant, au début de sa carrière, sa notoriété a pu être un poids : « j’avais l’impression de porter le poids entier du hockey féminin au Canada et en Amérique du Nord. Aujourd’hui, j’ai pris de la maturité, j’ai plus d’expérience maintenant », explique-t-elle.  

Mais si elle a appris à la gérer, la pression n’a pas disparu :« Je me fais constamment rappeler qu’il y a plusieurs regards sur moi, qu’il y a des petites filles qui me regardent. Il a fallu prendre conscience de ça. Mais j’ai inspiré jusqu’à maintenant en étant moi-même et c’est ça que je veux faire : juste être moi-même, faire ce que j’ai à faire, performer » 

Même si son objectif majeur est de participer aux Jeux paralympiques 2030 avec l’équipe féminine du Canada de parahockey, Raphaëlle doit d’abord faire face à une bataille plus importante. Mardi 4 novembre, la jeune femme a annoncé sur les réseaux sociaux être atteinte d’un cancer du sein. Mais, sans aucun doute, elle ne laissera pas la maladie la tenir éloignée des Jeux pour bien longtemps: « Je ne vais pas laisser cette nouvelle m’arrêter. Je ne sais pas si c’est encore réaliste ou même possible. Et honnêtement je ne veux pas le savoir pour l’instant. Ce que je sais, c’est que chaque entraînement et chaque moment sur la glace ont maintenant une nouvelle signification. Ils sont ma motivation. Mon “pourquoi”». 

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