5e secondaire : une année qui peut être stressante

  • Publié le 10 juin 2025 (Mis à jour le 10 juin 2025)
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Entre examens incontournables et choix de carrière, la 5e secondaire, est souvent synonyme d’angoisse face à l’avenir. Psychologue membre de l’Ordre des psychologues du Québec et spécialiste de la réussite scolaire, le Dr Égide Royer décrypte cette année charnière et propose des clés pour mieux accompagner les jeunes.

Si la 5e secondaire est une année charnière dans la vie d’un adolescent, elle peut aussi être synonyme de pression et de stress. D’abord, l’avenir postsecondaire suscite l’inquiétude : « Pour ceux qui sont diplômés et qui ont un bon dossier scolaire, le fait de passer au cégep n’est pas si stressant, mais si l’élève pense que son dossier scolaire est vraiment faible et qu’il sait que pendant son parcours collégial il devra reprendre des cours pour terminer sa 5e secondaire en plus de son cégep. C’est déjà plus compliqué », explique le Dr Royer.

L’angoisse de l’échec au test du ministère, qui compte pour 50 % du bulletin, pèse aussi lourdement : « Ils se disent : “mon dossier scolaire est faible et j’ai peur d’échouer  »». Et le stress est d’autant plus fort pour ceux qui craignent de ne pas obtenir leur diplôme (environ 18 à 19 % des garçons) ou pour ceux qui devront, l’année suivante, valider, à la fois, leur secondaire et suivre leurs cours collégiaux.

De profondes inégalités

Si le stress peut être présent pour tout type d’élève, des inégalités persistent. Le Dr Royer observe en effet une différence marquée dans la gestion de ces angoisses entre les filles et les garçons.

« Les filles stressent vraiment davantage que les garçons », notamment face aux examens et à la performance scolaire. De plus, les élèves des écoles privées bénéficient d’un taux de diplomation supérieur d’environ 20 points pour les garçons et de 15 points pour les filles par rapport au public, expliquant pourquoi à l’école privée « on stresse beaucoup moins ».

Au cégep, le taux d’admission est de 74,5 % pour les filles contre 56 % pour les garçons, ce qui souligne le fossé persistant. Le taux d’échec au premier cours de français atteint également 25 %, soit un élève sur quatre, illustrant l’importance d’une préparation plus solide avant son entrée.

Des stratégies pour apaiser l’anxiété

Pour les élèves redoutant leur transition au cégep, le Dr Royer préconise « de suivre des cours d’été quelques semaines avant le début, pour entrer plus sereinement au cégep ». Il recommande également de limiter le nombre de cours suivis par session afin de faciliter l’adaptation. Les élèves rencontrant des difficultés d’apprentissage doivent éviter, si leur situation le permet, de travailler en plus de leurs études.

Ceux qui craignent d’échouer malgré un bon dossier peuvent bénéficier d’une intervention individuelle au niveau psychologique pour apprendre à gérer leur anxiété. Le rôle des parents est aussi essentiel : le parent hélicoptère ou chasse-neige, en protégeant excessivement, empêche l’enfant de développer son autonomie. À 17 ou 18 ans, un jeune doit pouvoir prendre ses décisions et vivre les conséquences de ses choix, car « les choix que l’on fait à 17 ans restent des choix de 17 ans », rappelle le spécialiste.

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