La Hutte anticipe sereinement la crise du 1er juillet

François Savoie, directeur général de la Hutte. (Photo Médialo - Julien Tilmant)
François Savoie, directeur général de la Hutte. (Photo Médialo – Julien Tilmant)

À Terrebonne, la période des déménagements ne provoque pas d’affolement à la Hutte. L’organisme d’hébergement d’urgence et de transition mise sur son expérience, son accompagnement quotidien des personnes en situation d’itinérance et sur des partenariats solides pour traverser cette période.

Présente à Terrebonne, mais aussi à Saint-Jérôme et Joliette, la Hutte est aujourd’hui la plus grande organisation de lutte contre l’itinérance hors de l’île de Montréal, avec 180places d’hébergement pour personnes majeures. Une soixantaine se situent à Terrebonne, où l’organisme fonctionne au maximum de sa capacité. 

«On est toujours à peu près au complet, avec des entrées et des sorties régulières. L’enjeu, ce n’est pas seulement d’accueillir pour une nuit, c’est d’aider les gens à sortir de l’itinérance», explique FrançoisSavoie, directeur général de la Hutte, structure qui offre plusieurs types de services. Il y a l’hébergement d’urgence pour les séjours courts et l’hébergement transitoire (parfois de plusieurs mois) pour les personnes en situation plus ancrée dans l’itinérance. «On prend le temps nécessaire, car le but, c’est qu’ils repartent dans un logement de façon durable», précise-t-il. 

Un service spécifique est également réservé, depuis la seconde extension du foyer de Terrebonne, aux 18–25ans. «On a six studios pour ces jeunes. L’objectif, c’est qu’ils sortent de la pauvreté, retournent à l’école et trouvent un emploi.» 

Une organisation rodée pour le 1er juillet 

Avec l’arrivée de la vague de déménagements du 1er juillet et des logements abordables de plus en plus rares sur le territoire, les problèmes pourraient s’intensifier. Pourtant à Terrebonne, cette crise est anticipée. «C’est même une bonne période pour nous. On accompagne beaucoup de personnes vers leur propre logement», affirme FrançoisSavoie. 

Pour arriver à ces excellents résultats en termes de réinsertion, la Hutte travaille en étroite collaboration avec l’Office municipal d’habitation de Lanaudière Sud et la Ville de Terrebonne. «Tout le monde connaît bien son rôle. On a un OMH très performant et une excellente communication avec la Ville.» 

Une subvention de 8000 à 10000$ accordée par Centraide Laurentides permet aussi à la Hutte de soutenir les personnes qui perdent leur logement ou peinent à en trouver un. L’argent sert notamment à payer un premier mois de loyer ou à financer le stockage temporaire des meubles. 

Mais si l’organisme se distingue, c’est aussi, car il refuse les solutions de fortune. «On a toujours refusé de créer des dortoirs dans des salles communautaires. Sans accompagnement, on ne sort jamais de l’itinérance, surtout avec des enjeux de santé mentale ou d’addiction. Ces problèmes se règlent par un suivi quotidien.» 

Pour le directeur, une réponse durable à la crise passe aussi par une transformation sociale. «Il faut changer le regard sur l’itinérance et construire des logements à mixité sociale. Et ça implique de travailler avec les propriétaires, les employeurs, les gens d’affaires.» 

Cette année, la Hutte prévoit de placer 963personnes en logement. À elle seule, elle atteindrait ainsi près de 20% de l’objectif fixé à l’échelle du Québec. Une preuve que, loin de l’urgence ponctuelle, la stabilité est aussi une question de méthode. 

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