Un cimetière sous l’église Saint-Louis-de-France

Le cimetière sous l’église. (Photo Jean-François Di Pietro, PHT )
Le cimetière sous l’église. (Photo Jean-François Di Pietro, PHT )

Cet été, nous vous proposons quelques histoires de la Ville de Terrebonne, en partenariat avec Patrimoine et Histoire Terrebonne.  

Construite en 1879, l’église Saint-Louis-de-France abrite un cimetière souterrain. Il est l’un des éléments patrimoniaux les plus méconnus de la ville de Terrebonne. Ce lieu constitue la dernière demeure de plusieurs centaines de personnes, dont certaines ont marqué l’histoire de Terrebonne. 

Les origines de la pratique 

Avant tout, il s’agit bien d’un cimetière, et non d’une crypte, car les corps sont enterrés directement sous la terre. Ce cimetière bien particulier est dit ad sanctos, ce qui signifie « près des saints » en latin. Les premiers cimetières de ce genre remontent à l’Antiquité et sont le fruit d’une tradition païenne. Les chrétiens reprennent cette tradition et d’après leurs croyances, l’enterrement sous un lieu sacré permet aux âmes des défunts d’abréger leur séjour au purgatoire et d’accéder plus rapidement au Paradis.  

À l’origine, cette pratique est uniquement réservée aux membres du clergé (prêtres, évêques, etc.). Puis, au Moyen-Âge, cette forme d’inhumation se démocratise en autorisant l’inhumation aux laïcs (personnes non-religieuses). Ces laïcs sont issus de haut rang social et fortunés, et ont généralement offert de généreuses contributions à la communauté religieuse pour obtenir le droit d’être inhumé dans ce lieu privilégié. En Nouvelle-France, les institutions religieuses poursuivent cette tradition mortuaire, laquelle connait des hauts et des bas, mais se perpétue néanmoins jusqu’au 20e siècle. 

Des occupants prestigieux 

Entre 1879 et 2008, près de 173 personnes sont inhumés dans le cimetière de l’Église Saint-Louis-de-France. Parmi elles figurent Joseph Masson et Geneviève-Sophie Raymond Masson, derniers seigneur et dernière seigneuresse de Terrebonne, de même que 51 autres membres de cette illustre famille.  

Au moment de la fondation de l’Église, ce cimetière était essentiellement réservée à l’élite de la société (seigneurs, maires, notaires, médecins, etc.). Ils étaient souvent accompagnés de leurs femmes et enfants. Mais, contrairement aux gens d’église, ces notables doivent débourser une coquette somme pour assurer leur dernier repos près des saints. Le rang social y est donc pour beaucoup.  

Toutefois, vers le début du 20e siècle, on constate une évolution : le cimetière accueille progressivement des gens issus de tous les milieux sociaux, dont des cultivateurs, des forgerons et des menuisiers. Le rang social ne devient plus un pré requis pour y être enterré. 

Qu’en-est-il du cimetière aujourd’hui? 

Aujourd’hui, il n’est plus possible d’être enterré sous l’église Saint-Louis-de-France. Le cimetière ad sanctos de cette église nous rappelle l’existence d’une pratique funéraire vieille de plusieurs milliers d’années, qui fut perdue au fil du temps. Ce lieu est un précieux témoignage de notre passé. 

Envie d’en voir davantage? Visionnez notre capsule historique consacrée au cimetière sous l’Église de Saint-Louis-de-France sur la page Facebook ou le compte TikTok de PHT (@sphterrebonne_)

Par Aryanne Thibault-Dupuis, Patrimoine et Histoire Terrebonne, collaboration spéciale 

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