Le Musée d’art de Joliette dévoile trois nouvelles expositions et une murale

Le Musée d’art de Joliette (MAJ) vient d’inaugurer trois nouvelles expositions, dont celle qui vise à souligner le 50e anniversaire de l’institution muséale, Faire collection. Les récits derrière l’histoire.

Lors d’une visite des salles, quelques jours avant le vernissage du 3 octobre, Ariane De Blois, conservatrice des collections et des expositions, a expliqué à L’Action que cette proposition a été élaborée par l’équipe du MAJ. Cette dernière s’est plongée dans les réserves, qui contiennent plus de 8000 œuvres, afin de choisir des pièces qui mettent de l’avant l’histoire et les processus derrière l’acquisition d’œuvres d’art.

« Ces œuvres proviennent de différentes époques et de différents courants. Elles donnent une idée de la variété de ce que le MAJ possède. Ça a vraiment été un plaisir d’aller fouiller pour dévoiler des pièces qui ont été moins exposées. Nous avons eu de belles surprises et des coups de cœur. »

Les visiteurs découvriront notamment que les premières œuvres acquises par le père Corbeil en étaient d’art contemporain et non d’art sacré.

L’exposition interroge finalement l’héritage que le Musée souhaite transmettre. « Le but était aussi de faire un état des lieux et de réfléchir au sujet de la collection en lien avec les enjeux d’espace par exemple ou alors de représentation féminine. »

Elle présente également une œuvre monumentale de Jérôme Fortin, offerte au MAJ par l’artiste à l’occasion de cet anniversaire. D’ailleurs, il y aura une rencontre avec l’artiste le 17 novembre, de 12 h 30 à 13 h 30, lors de laquelle il reviendra sur la démarche créative de son œuvre Constellation.

L’industrie pétrolière et ses effets dévastateurs

Cet automne, le MAJ accueille aussi l’exposition Anahita Norouzi. Rift, produite en collaboration avec la Galerie de l’UQAM et appelée à circuler à travers le Canada.

« Comment jardiner dans les ruines des empires comme un geste tourné vers l’avenir ? » Cette question, posée par l’artiste multidisciplinaire Anahita Norouzi, originaire de Téhéran, traverse Rift, une exposition en six chapitres qui rassemble d’imposantes projections filmiques et des installations sculpturales inédites présentées au Musée d’art de Joliette et à la Galerie de l’UQAM.

Le MAJ présente les deux premiers chapitres de l’exposition. Arrivées illusoires entrelace des images du documentaire de propagande British Petroleum’s Persian Story (1951) et du drame Le Cerf (1974). L’artiste associe à travers ce collage vidéo deux événements, soit les bouleversements de la ville d’Abadan lors de la crise ayant mené à l’expulsion des sociétés pétrolières britanniques et la tragédie du Cinéma Rex, incendié lors d’une projection du film Le Cerf. Finalement, Combustion incomplète est une installation composée de briques d’argile et de briques de verre, dont certaines sont moulées à partir d’empreintes relevées sur les murs calcinés du Cinéma Rex.

« L’artiste établit des liens entre l’Occident et l’Iran à travers l’exploitation pétrolière. Elle démontre aussi comment celle-ci déstabilise les régions et les villes telles qu’Abadan. Finalement, l’exposition aborde de quelle façon l’image participe à la construction de nos perceptions. »

Ariane De Blois remarque qu’avec tous les conflits entourant la fermeture du Détroit d’Ormuz, les enjeux liés à l’industrie pétrolière sont toujours forts d’actualité.

Des œuvres marquantes, mais méconnues

La troisième exposition dévoilée par l’institution muséale est Un séjour de Jean Paul Lemieux en Bretagne, sous le commissariat de Michel Paradis, ancien conservateur au Musée d’art de Joliette de 1989 à 1990.

Ariane De Blois explique que M. Paradis s’est intéressé au corpus d’œuvres réalisées par l’artiste québécois Jean Paul Lemieux alors qu’il était en Bretagne en 1955, à Saint-Gildas, et qui, bien que méconnues, ont été déterminantes dans son parcours.

L’exposition met aussi de l’avant l’importance des femmes dans l’univers culturel de Jean Paul Lemieux. Soulignons que lors de son séjour à Saint-Gildas, l’artiste a côtoyé les écrivaines Gabrielle Roy et Anne Hébert.

En marge de l’exposition, une rencontre avec Michel Paradis est prévue le 22 octobre, de 12 h 30 à 13 h 30. Celui-ci lèvera le voile sur les circonstances singulières qui ont donné naissance au projet de recherche à l’origine de l’exposition.

Les expositions seront en place jusqu’au 10 janvier. Pour informations museejoliette.org.

 

 

Une nouvelle murale prend place au MAJ

Une nouvelle présence artistique autochtone habite désormais l’entrée du Musée d’art de Joliette. Le 3 octobre dernier, le Centre d’amitié autochtone de Lanaudière (CAAL) et l’institution muséale ont dévoilé Kiwetinok [Nord], une oeuvre de Meky Ottawa, originaire de Manawan.  L’artiste atikamekw représente notamment l’idée de passage et de fluidité entre les mondes terrestre et céleste.

En atikamekw, Kiwetinok signifie « le Nord ». L’oeuvre sera présentée à l’entrée du Musée jusqu’en septembre 2028 et poursuit une collaboration entre le CAAL et le MAJ qui, depuis 2020, fait une place durable aux voix, aux perspectives et à la création autochtones au cœur de l’institution.

Kiwetinok [Nord] vient compléter un parcours amorcé il y a plusieurs années avec trois autres artistes atikamekw : Eruoma Awashish, avec Mackwisiwin [La force], Marie-Claude Néquado, avec Mirwatisiwin [La guérison], puis Catherine Boivin, avec Ke miritan [Ce que je vais te donner].

Avec l’arrivée de cette quatrième murale, le projet prend une dimension particulière. Quatre artistes, quatre œuvres et quatre univers se répondent désormais, faisant écho aux quatre directions de la roue de la médecine. Cette quatrième oeuvre ne vient donc pas simplement remplacer celle qui la précédait : elle vient refermer un premier cercle tout en ouvrant la voie à la suite. Une continuité qui se retrouve jusque dans le choix des artistes, puisque Catherine Boivin, dont l’oeuvre occupait précédemment l’espace, a participé, aux côtés du CAAL et du MAJ, à la sélection de Meky Ottawa.

La murale de Meky Ottawa. (Photo gracieuseté – Katya Konioukhova)

Articles les plus consultés

Julie et Geneviève travaillent de concert sur le montage du parcours.  (Photo Médialo - Raphaël Isselet)
Culture

Un parcours gratuit pour Halloween à Saint-Lin-Laurentides

Chaque année, depuis une dizaine d’années, Geneviève Cherrier crée un parcours terrifiant pour ses enfants.
Olivier Croteau participe à des salons littéraires et des salons de jeu. (Photo gracieuseté )
Culture

Avec Olivier Croteau, on joue en lisant

Olivier Croteau, qui a grandi à Terrebonne, publie un nouvel ouvrage dans  le style « Un livre dont vous êtes le héros ».
L’Ensemble Trad Jeunesse sur la scène du FMR en 2026. (Photo gracieuseté - Guillaume Morin)
Culture

Plus de 48 000 $ pour faire vibrer les traditions auprès d’une nouvelle génération

Le Festival Mémoire et Racines annonce le succès de sa campagne de financement participatif pour son nouveau projet destiné aux jeunes de 15 à 18 ans.