École à la maison : à chacun son rythme

  • Publié le 12 mai 2026
  • Lecture : 3 minutes
Marie-Catherine Goudreau
La famille de Gabriel Guimond-Prévost. Photo Gracieuseté
La famille de Gabriel Guimond-Prévost. Photo Gracieuseté

Sorties dans les musées, horaire flexible, entraide entre les jeunes : les avantages de l’école à la maison sont multiples. Pour la famille de Gabriel Guimond-Prévost, président de l’Association québécoise pour l’éducation à domicile (AQED), l’école à la maison était une continuation de la façon dont ils ont élevé leurs trois filles depuis leur naissance. 

L’aspect de la flexibilité de l’école à la maison est aussi très intéressante autant pour les parents que pour les enfants. « On a chacun nos forces et faiblesses, que ce soit au niveau scolaire, personnel ou professionnel. À l’école, il faut suivre le rythme du groupe. De notre côté, nos enfants sont souvent plus forts dans certaines matières. Ça nous permet de pousser certaines matières plus que d’autres », indique le père de trois enfants âgées de 14, 13 et 10 ans.

La flexibilité pour les parents est un avantage considérable, souligne Gabriel. « Je trouve que je n’ai jamais eu un aussi bel équilibre de vie. Mais parfois, il faut faire la coupure du travail et de l’école pour avoir du plaisir! Mais les occasions d’apprendre se font dans n’importe quels milieux et circonstances, comme avec des jeux de société! », dit-il.

Développer l’autonomie

Au moins une fois par semaine, la famille de Gabriel originaire de Sainte-Anne-des-Plaines se retrouve avec d’autres familles « éducatrices » de la région pour travailler ensemble. « Chaque parent des familles a des compétences complémentaires. On fait donc des ateliers sur différentes matières. Quand il commence à faire beau, on va dehors. Les jeunes s’éparpillent un peu partout dans la maison et les adultes supervisent. »

Chaque enfant a un objectif dans son cahier par semaine et avance à son rythme. « On commence à avoir des ados à la maison, alors elles aiment bien se lever plus tard. Notre plus jeune commence plus tôt. Ça permet à chacune de respecter son rythme et ça les responsabilise également. » Les semaines sont agrémentées de sorties dans différents musées de la région ou de Montréal.

  • Pour l’année scolaire 2025-2026, 8700 élèves étaient scolarisés à la maison.

Puis, venu le moment de rentrer au cégep et à l’université, les jeunes ayant fait l’école à la maison réussissent très bien, souligne le président de l’AQED. « Ils se sentent beaucoup plus prêts puisqu’ils ont déjà appris à gérer leur temps et ce qu’ils doivent faire », indique-t-il.

Ce n’est pas nécessairement tous les enfants qui seront à l’aise dans un contexte d’école à la maison. « Il faut que le jeune puisse acquérir une certaine autonomie pour que ce soit facile. Également, le parent doit être curieux et à l’aise de chercher, notamment avec son enfant », explique Gabriel.

Les autres défis sont notamment avec le gouvernement, alors que celui-ci ne finance que très peu l’école à la maison, contrairement à d’autres provinces. « Il y a beaucoup de disparités entre les services. On travaille sur cet enjeu actuellement. »

Bien que les femmes sont souvent celles qui vont arrêter de travailler pour faire l’école à la maison. Plusieurs ont toutefois leur propre entreprise ou sont travailleurs autonomes.

L’importance de s’entourer

Le premier conseil que Gabriel donnerait aux parents qui souhaitent se lancer dans l’école à la maison est de se créer un réseau. « La question qui revient souvent, c’est : est-ce que ton enfant voit d’autres enfants? Oui, et même que l’aspect socialisation est encore plus fort, soutient-il. À l’école à la maison, tout le monde aide tout le monde, peu importe l’âge, ce qui ne se fait pas nécessairement dans le parcours scolaire typique. »

Selon lui, il est important de s’entourer d’autres familles et de s’informer sur les services offerts. Il y a d’ailleurs de plus en plus d’aide professionnelle pour les familles qui font l’école à la maison.

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