Les Alcooliques Anonymes déplorent la perte de leur local dans le Vieux-Terrebonne

L’église Saint-Louis-de-France, dans le Vieux-Terrebonne.(Photo Médialo - Alec Brideau)
L’église Saint-Louis-de-France, dans le Vieux-Terrebonne.(Photo Médialo – Alec Brideau)

Alors que le sous-sol de l’église Saint-Louis-de-France accueillait des réunions de groupes des alcooliques anonymes (AA) depuis des années, c’est terminé. Ils ont récemment dû se relocaliser.  
Nathalie, dont le nom complet n’est pas dévoilé afin de protéger sa vie privée, est membre de conscience de deux groupes d’AA depuis 30 ans. Elle trouve déplorable que des groupes puissent perdre leur local ainsi, « du jour au lendemain ». « On nous a d’abord dit qu’il y avait des rénovations qui se faisaient dans la salle au sous-sol, a-t-elle précisé. Ensuite, on nous a carrément dit que notre entente n’était pas renouvelée. »

Une situation regrettable

Nathalie nous indique avoir communiqué avec le maire Mathieu Traversy et les ressources communautaires de la Ville afin de remédier à la situation. Les groupes d’AA auraient alors eu comme suggestion de se joindre à d’autres groupes, comme ceux sur la rue D’Argenson et sur la rue Guérin, dans le secteur de La Plaine.

Les groupes du mardi et du vendredi se rendent maintenant dans un local à Mascouche, alors que celui du samedi se réunit à Repentigny. Nathalie explique que ces deux Villes ont été rapidement en mesure de les accueillir compte-tenu de la situation. Toutefois, qu’il s’agisse d’un local sur la rue Guérin ou à Mascouche, elle maintient son point : la disparition de groupes d’AA dans le coin du Vieux-Terrebonne est problématique.

« Je ne demande pas qu’on ait un local sept jours sur sept. J’aimerais juste que l’on puisse combler les journées que nous avons perdues dans le secteur. La dépendance, ce n’est pas un problème qui ne se vit que le mardi ou la fin de semaine, c’est tous les jours. Certaines personnes arrivent à une réunion d’AA à pied, car ils n’ont pas de voiture, vivent des problèmes financiers, etc. Ces gens qui viennent aux réunions ont besoin de cette proximité pour être aider. »

Sentiment d’appartenance

La membre de conscience ajoute que le temps passé durant une réunion d’un groupe permet aussi à un AA de s’occuper positivement : discuter, prendre un café, écouter un témoignage, etc. Parmi la quarantaine de membres faisant partie du groupe relocalisé à Repentigny, Nathalie n’en voit plus que trois. Cette situation l’attriste puisque, souvent, lorsqu’une personne se présente à un groupe pour la première fois, celui-ci devient son groupe d’appartenance. 

« Ça me touche beaucoup parce que moi, mes parents étaient alcooliques, nous a partagé Nathalie. J’ai connu le mouvement des alcooliques anonymes alors que j’étais très jeune. Le groupe d’appartenance de ma mère était à l’église. Après, j’ai moi-même eu des problèmes de consommation et ça a été mon groupe d’attache pendant 30 ans. Maintenant, je ne consomme plus. Je trouve ça important. » 

Nathalie se questionne aussi sur les coûts futurs que peuvent engendrer la perte de locaux pour les groupes d’AA. « Je pense que ça coûte moins cher à la société d’avoir des groupes d’AA, de narcotiques anonymes ou autres, plutôt que d’envoyer des personnes en centre de désintoxication ou ce genre de chose », a-t-elle noté. 

La Ville est informée de la situation 

Véronik Gravel, attachée de presse au cabinet du maire, nous explique qu’une situation de la sorte est bien plus complexe qu’elle ne le paraît. Par exemple, le local de l’église n’appartient pas à la Ville. Aussi, Terrebonne a plus de 150 organismes admis sur son territoire, et ceux-ci ont parfois également besoin de locaux. La Ville doit donc, en plus de respecter des critères de priorités lorsqu’elle a des plages horaires disponibles, répondre du mieux qu’elle peut aux besoins de tout le monde.  

En ce qui concerne les groupes d’AA à l’église Saint-Louis-de-France, Mme Gravel note qu’un groupe était déjà rendu à Mascouche et un autre à Repentigny lorsque Nathalie a contacté la Ville. « Ils cherchaient à relocaliser le groupe du mardi, a-t-elle dit. Nous avons quatre groupes d’AA qui occupent des locaux qui nous appartiennent. La Ville a donc pensé d’envoyer ce groupe à un endroit qui lui appartient et déjà utilisé par d’autres groupes d’AA. Pour le mardi, on a aussi offert d’aller au centre communautaire Angora. Selon ce qu’on a eu comme communications, ça semblait faire leur affaire. » 

Mme Gravel nous a mentionné que le groupe du mardi devrait tenir ses réunions au centre communautaire Angora à partir du 1er juillet, date de début de réservation des locaux à cet endroit. 

Un critère qui complique les choses hjug

Pour être un organisme admis à Terrebonne, un critère à respecter est qu’au moins 80 % des membres de l’organisme doivent habiter la ville. Ainsi, il est impossible d’investiguer sur cette statistique pour un groupe d’AA, qui respecte l’anonymat complet de ses membres. Malheureusement pour ces groupes, ils ne font donc pas partie de la liste des organismes qui reçoivent des heures de locaux appartenant à la Ville. 

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