Boutiques érotiques : la fin d’un tabou 

La clientèle de ce type de boutiques est très variée. Photo Médialo Julien Tilmant
La clientèle de ce type de boutiques est très variée. Photo Médialo Julien Tilmant

Si pousser la porte d’une boutique érotique a longtemps été un geste difficile pour beaucoup, aujourd’hui, il est presque devenu anodin. Qu’ils soient en couple ou célibataires, les clients viennent désormais y chercher bien plus que des objets ou de la lingerie…

 Il n’y a pas d’âge pour se faire plaisir… Certes, mais quand les années passent et que la vie de couple est devenue une routine, la vie sexuelle et affective peut devenir monotone. C’est pourquoi, alors qu’elles avaient la réputation d’être réservées à une clientèle d’habitués, les boutiques érotiques attirent de plus en plus.  

«Les clients de 50 ans et plus représentent une part importante et bien présente de notre clientèle», affirme François Maillé, directeur des ventes et du développement des affaires chez Éros et Compagnie. Un équilibre entre jeunes et moins jeunes qu’il est facile d’observer en arpentant les rayons de l’une des boutiques de la marque. Les vingtenaires côtoient les cinquantenaires avec le même but : pimenter leur vie intime ou trouver de bons conseils sans être jugés.  

Des visites de plus en plus assumées 

Mais alors quelles expériences recherchent la clientèle de 50 ans et plus? Si les plus jeunes s’y déplacent dans une logique d’exploration de leur vie sexuelle ou par simple curiosité, les couples ou célibataires plus âgés ont des attentes un peu plus précises.  

«Leurs motivations sont généralement plus profondes et réfléchies : il s’agit de se reconnecter à son corps, de réinventer la relation de couple ou de surmonter certains changements liés à l’âge», explique encore François Maillé aux premières loges avec un réseau très développé de boutiques. Et le directeur d’ajouter : «L’approche est rarement spectaculaire et ces clients recherchent souvent des produits de stimulation douce, des accessoires favorisant la connexion en couple, de la lingerie élégante, mais aussi des articles permettant de raviver la nouveauté et le jeu dans la relation.» 

 

Alisson Sévigny, gestionnaire de territoire pour Éros et Compagnie. Photo Médialo Katia Cioce
Alisson Sévigny, gestionnaire de territoire pour Éros et Compagnie. Photo Médialo Katia Cioce

Briser les tabous 

Si la fréquentation par la clientèle de 50 ans et plus augmente, c’est aussi parce que les mentalités et l’approche de la sexualité évoluent. «On voit que le tabou est de moins en moins présent», souligne Alisson Sévigny, gestionnaire des boutiques de Joliette, Terrebonne et Mascouche.

Malgré le changement de mentalité dont bénéficient ces boutiques autrefois réduites au rôle de «sex shop», franchir leurs portes pour la première fois reste, pour certains et d’autant plus pour certaines, une étape à dédramatiser. «On verbalise le malaise, mais pas seulement. On accompagne, on conseille et surtout, on rassure nos clients avant tout», explique la jeune femme.  

Comment les boutiques physiques résistent à Internet 

À l’heure où Internet bouleverse le commerce, les boutiques érotiques résistent. «Le facteur principal demeure l’accompagnement humain», insiste François Maillé. Poser des questions à des équipes expertes dans le domaine, voir et manipuler les produits, recevoir des conseils… autant d’éléments qui convainquent les clients de privilégier le commerce local.  

Une proximité que recherchent tout particulièrement les 50 ans et plus. «Cette clientèle veut être face à des personnes qui savent ce qu’elles font et qui connaissent les produits», confirme de son côté Alisson Sévigny de chez Éros et Compagnie. Autre point important : la qualité des produits. «J’ai déjà tenté d’acheter ce genre de produits sur Amazon, mais ça s’est rapidement brisé alors depuis, je viens ici. Je sais ce que ça vaut et ça dure dans le temps…», assure un client peu bavard mais vraisemblablement heureux de ses récents achats précieusement dissimulés.  

Des solutions pour une sexualité épanouie 

 La sexualité à 50 ans et plus n’est pas la sexualité de la vingtaine… et c’est normal. Alors, quand les mots sont posés sur d’éventuels problèmes, les conseillers des boutiques érotiques sont là pour accompagner les clients.  

«Nous sommes attentifs à ce que nos clients nous confient. Il arrive, dans certains cas, que nous ayons affaire à des problématiques d’ordre médical», explique Alisson Sévigny, évoquant des troubles qui apparaissent avec le temps.  

«Il y a beaucoup de produits qui peuvent venir en aide et qui ne sont pas connus», souligne-t-elle. Cela concerne, toujours selon l’experte, des produits dont le but est d’améliorer le confort, de faciliter certaines pratiques ou simplement de redonner confiance… 

«Cela concerne autant les couples que les personnes seules. Les nouveaux célibataires vont encore plus vouloir se découvrir», observe-t-elle en soulignant le rôle si particulier des boutiques érotiques. «Pour bien comprendre ce qu’on attend de nous, on pose des questions, sans être indiscrets, pour savoir où s’enligner». Une bonne méthode quand on souhaite dédramatiser une visite qui, en 2026, est devenue tout à fait normale… 

 

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