Lanaudière subit un manque important de pharmaciens en hôpitaux

  • Publié le 6 mars 2024 (Mis à jour le 29 avr. 2025)
  • Lecture : 3 minutes
Kim Desormeaux

Les résultats de la dernière enquête sur les effectifs de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) témoignent des répercussions du manque de pharmaciens sur les soins pharmaceutiques dans les établissements de santé partout au Québec, notamment dans Lanaudière.

« Il ne suffit plus de pourvoir les postes vacants, raconte Julie Racicot, pharmacienne et présidente de l’A.P.E.S. Ce sont des centaines de pharmaciens supplémentaires qui sont nécessaires afin d’assurer une couverture adéquate en soins pharmaceutiques aux patients du Québec ».

Le rôle des pharmaciens dans les établissements de santé est primordial. En effet, ce sont des ressources très importantes quant aux questions liées à la médication. « À l’urgence, on retrouve plusieurs patients qui ont des malaises ou des questions liés à leur médication. Dans de tels cas, les pharmaciens peuvent prendre la balle au bond et, ainsi, aider à désengorger les médecins », poursuit-elle.

Des statistiques alarmantes dans Lanaudière

En date du 1er avril 2023 dans Lanaudière, 64 % des besoins en pharmaciens pour prodiguer des soins pharmaceutiques étaient non comblés dans les urgences. En ce qui concerne les unités des soins intensifs, 32 % des besoins qui n’étaient pas couverts, malgré un secteur de soins aigus et l’usage de médicaments complexes pour lesquels le pharmacien détient l’expertise. Finalement, en dialyse rénale, 100 % des besoins en pharmaciens qui n’étaient pas comblés, en dépit de la vulnérabilité aux médicaments des patients dialysés dont la capacité de filtration des reins est diminuée.

« Les besoins en soins pharmaceutiques ne cessent de croître avec le vieillissement rapide de la population, la multiplication des maladies chroniques ainsi que la complexité et le coût considérable des médicaments. L’ensemble de ces facteurs exercent une pression non négligeable sur notre réseau de santé. En l’absence de recrutement suffisant de pharmaciens, la capacité des équipes à offrir aux patients les soins pharmaceutiques nécessaires et à assurer un usage optimal des médicaments est forcément moindre. Le manque de pharmaciens nuit à l’efficience des visites dans les salles d’urgence, notamment en augmentant le temps d’attente, les risques d’incidents et d’accidents médicamenteux ainsi que d’effets indésirables liés aux médicaments, et la durée moyenne des séjours », fait valoir la présidente de l’A.P.E.S.

Un avenir fragile

Depuis près d’une vingtaine d’années que cette situation perdure dans le réseau de la santé. Toutefois, ce qui fait envisager le pire à l’heure actuelle est le manque de relève. « Pour être un pharmacien en établissement, il faut détenir une maîtrise. À l’automne 2023, le taux d’inscription en pharmacie d’établissement se trouvait parmi les plus bas enregistré depuis 10 ans, avec à peine quelque 57 pharmaciens qui ont commencé le programme, malgré 114 bourses d’études disponibles », révèle Mme Racicot.

Cette dernière mentionne que les avantages qu’implique un poste de pharmacien en établissement sont pratiquement inexistants. « Je les comprends de ne pas vouloir faire deux ans d’études supplémentaires lorsqu’ils ont de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires au privé après leur baccalauréat. C’est justement ce qu’il faut changer. Il faut qu’il y ait une plus-value à poursuivre ses études et détenir des connaissances supplémentaires ».

L’A.P.E.S. demande au gouvernement de valoriser la profession par des gestes concrets en investissant dans le recrutement de personnel et en offrant des conditions de travail et des salaires attrayants pour les pharmaciens d’établissement. Elle demande aussi un titre de spécialiste et une plus grande autonomie qui pourrait permettre aux pharmaciens de prescrire des médicaments. Enfin, le gouvernement doit travailler de concert avec les facultés de pharmacie afin de rendre le programme de maîtrise plus accessible aux étudiants. « S’il était possible d’offrir des cours à distance et d’offrir une plus grande flexibilité aux étudiants, nous croyons qu’il serait plus facile de recruter et de former de nouveaux pharmaciens », conclut, Julie Racicot, pharmacienne et présidente de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec.

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