Record continental de goélands marins  

Photo gracieuseté Luc Laberge
Photo gracieuseté Luc Laberge

Depuis quelques semaines, il est possible d’observer, au crépuscule, de grandes nuées d’oiseaux blancs dans le ciel à Terrebonne. Sur la plateforme ebird, une base de données mondiale d’observation d’oiseaux, on recense présentement dans la région de Terrebonne-Laval-Lachute-Sorel la plus grande concentration de goélands marins en Amérique du Nord avec plus de 6000 individus en hiver.  

L’espèce pourrait, à première vue, être confondue avec les « goélands du McDonald’s», si ce n’était de leur taille impressionnante pouvant atteindre jusqu’à 1m65, les ailes ouvertes. Selon Samuel Denault, biologiste à l’observatoire d’oiseaux de l’Université de McGill, c’est le plus grand goéland au monde. Il était autrement appelé le goéland à manteau noir, puisque ses ailes et son dos sont complètement noirs, lorsqu’il atteint sa maturité à quatre ans. Il est reconnaissable par sa tête d’un blanc immaculé et ses pattes roses.  

Samuel Deneault
Samuel Deneault est biologiste `à l’observatoire d’oiseaux de McGill

De l’Arctique à la rivière des Mille-Îles  

L’été, son habitat s’étend de l’estuaire du fleuve Saint-Laurent à l’Arctique. Les goélands nichent en petits groupes d’environ quatre couples de mars à novembre. Charognard, il se nourrit alors de résidus de pêche, de crustacés et d’oisillons. 

Son alimentation usuelle étant moins accessible l’hiver sur la côte, ils migrent en grand groupe vers le sud et, dès la mi-décembre, arrivent à Terrebonne, Laval, Sorel et Lachute.  

Mais pourquoi cette migration record dans la région ? Selon le biologiste, ce sont les dépotoirs à ciel ouvert qui ont convaincu l’espèce de venir passer l’hiver ici en si grand nombre. Très adaptatifs, les goélands ont commencé à s’y déplacer par milliers depuis que les sites de déchets se sont centralisés.  

Après s’être nourries durant le jour, les colonies se dirigent vers la rivière et y trouvent refuge pour la nuit. « En fin d’après-midi, ils vont se déplacer, ils vont trouver un dortoir sécuritaire sur les glaces de la rivière, loin des prédateurs », mentionne Luc Laberge, ornithologue amateur du club des Moulins.  

Jusqu’à la mi-janvier, c’est le meilleur moment pour les observer, avant qu’ils ne repartent autour du mois de février pour le Nord. 

Maîtres du froid 

Immobiles sur les glaces, ces oiseaux supportent des températures parfois proches de l’arctique. Le Terrebonnien Luc Laberge présente leur système de thermorégulation : « ils ont un duvet supplémentaire, une petite plume vraiment mince et fine qui protège leur peau. Puis, il y a d’autres plumes plus formées qui vont les recouvrir. Le système de protection se développe à l’automne ». Ils économisent leur énergie pour se défendre du froid et des intempéries, restant au chaud à tout moment. Leur température corporelle et leur rythme cardiaque diminuent lorsqu’ils dorment. Puis, le jour, le métabolisme s’active. « Ces oiseaux sont adaptés pour vivre l’hiver », ajoute M. Laberge. 

Il est possible de les observer sur la rivière, derrière le Théâtre du Vieux-Terrebonne.  

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